Frémissement de réchauffement entre la Croatie, la Serbie et la Bosnie-Herzégovine

La rencontre du 6 mars dans la ville bosniaque de Mostar a eu lieu après que l’UE a dévoilé sa nouvelle stratégie d’élargissement pour les Balkans occidentaux début février. [Emanuel Soca/BETAPHOTO]

La première rencontre en six ans de dirigeants croates, serbes et bosniaques s’est surtout penchée sur la coopération économique. Un article d’Euractiv Serbie.

Une rencontre historique a eu lieu le 6 mars dans la ville bosniaque de Mostar, juste après que l’UE a dévoilé sa nouvelle stratégie d’élargissement pour les Balkans occidentaux début février. Dans celle-ci, elle précise que l’élargissement n’aura lieu qu’après la résolution des problèmes bilatéraux dans la région.

La Croatie est un État membre de l’Union, la Serbie est un pays candidat et la Bosnie-Herzégovine est une candidate potentielle. Tous trois sont d’anciennes républiques yougoslaves avec des problèmes non résolus remontant à l’effondrement sanglant de la Yougoslavie dans les années 1990. La Serbie et la Croatie sont aussi cosignataires de l’accord de paix de Dayton de 1995 qui a mis fin à la guerre en Bosnie-Herzégovine.

La rencontre entre les trois dirigeants a prouvé que la seule chose qui fonctionnait dans ce triangle était le commerce. La Serbie se détache, avec un important excédent commercial avec la Bosnie et, pour la première fois, un excédent commercial avec la Croatie en 2017.

Les membres de la présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine, Dragan Čović, Mladen Ivanić et Bakir Izetbegović, la présidente de la Croatie, Kolinda Grabar Kitarović, et le président de la Serbie, Aleksandar Vučić, ont fait preuve de bonne volonté et se sont montrés prêts à se pencher sur les problèmes bilatéraux en suspens.

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Cependant, les positions du président serbe et de Bakir Izetbegović, un des membres de la présidence bosniaque, sont restées très divergentes sur la question de la frontière entre les deux pays. Ils se sont également affrontés verbalement, comme lors de la visite des membres de la présidence bosniaque à Belgrade, en décembre dernier.

Bakir Izetbegović a déclaré, lors d’une conférence de presse après la rencontre à Mostar, que la Bosnie-Herzégovine ne pouvait pas accepter la proposition de la Serbie sur la frontière, ajoutant que « s’ils ne parvenaient à aucune solution, les pays auraient recours à un arbitrage international ».

Aleksandar Vučić a répondu en déclarant que la Serbie avait fait une nouvelle proposition favorable à la Bosnie-Herzégovine pour la frontière sur la rivière Drina, et a plaisanté en disant que Bakir Izetbegović « ne l’avait évidemment pas lue ». Les prochaines élections en Bosnie auront lieu en octobre 2018, il est donc peu probable que la question frontalière soit résolue d’ici là.

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La présidente croate a qualifié la rencontre à Mostar d’extrêmement utile, car, outre les problèmes historiques, il a également été question de coopération. Kolinda Grabar Kitarović a ajouté que le sujet principal de la rencontre était la stratégie d’élargissement des Balkans occidentaux et que la Croatie ferait tout son possible pour encourager l’adhésion de la Bosnie-Herzégovine, qui attend toujours le statut de pays candidat.

Lors de la visite de Jean-Claude Juncker en Bosnie en février, le pays avait remis aux fonctionnaires européens des réponses au questionnaire de la Commission, une étape clé pour déterminer si le pays peut recevoir le statut de candidat officiel.

Sur l’économie, la présidente croate a déclaré que les trois États collaboraient sur les marchés tiers pour l’avenir, alors que le président serbe a parlé une nouvelle fois d’une sorte d’union économique dans la région.

Aleksandar Vučić a souligné que les barrières administratives entre les trois États devraient être levées, ajoutant que les droits de douane, les taxes et les subventions devraient être ajustés. Il a cependant précisé qu’il ne s’agissait pas de la création d’une nouvelle Yougoslavie, mais plutôt la nécessité d’instaurer la stabilité et le développement économique. « C’est à nous de définir un cadre dans lequel les citoyens se sentiront en sécurité, dans lequel ils pourront travailler, gagner plus d’argent et avoir une vie meilleure », a-t-il assuré.

Aleksandar Vučić a annoncé que Kolinda Grabar Kitarović, la présidente croate, se rendrait bientôt à Belgrade et a ajouté que toutes les demandes de la minorité croate en Serbie seraient résolues d’ici là. Il a également déclaré que la prochaine réunion trilatérale aurait lieu à Novi Sad, la capitale de la province serbe de la Voïvodine.

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