Des dossiers de guerre retrouvés par la police croate [FR]

Border_control__Kecko.jpg

Une opération de police visant à localiser des documents demandés par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a été couronnée de succès, a annoncé hier (10 décembre) la direction de la police croate. Si cette information est confirmée, cette trouvaille pourrait grandement aider la candidature de la Croatie à l’UE, selon les experts.

Une opération de police d’envergure destinée à localiser ce que l’on appelle les « dossiers d’artillerie » et d’autres documents militaires manquants recherchés par le TPIY s’est conclue par la saisie de plus de 10 000 pages de documents, dont certains étaient classifiés secrets d’Etat et secrets défense, et de 15 cartes militaires secrets défense, a rapporté l’agence croate HINA.

Fin novembre, l’eurodéputé autrichien socialiste Hannes Swoboda, vice-président du groupe Socialistes et démocrates au Parlement européen, a souligné que la Croatie devait faire tout son possible pour localiser les documents recherchés par le tribunal de crimes de guerre de l’ONU de La Haye ou pour prouver qu’ils n’avaient jamais existés ou qu’ils avaient été détruits (EURACTIV 26/11/09).

Vingt cinq personnes ont été interrogées lors de cette opération qui s’est déroulée sur deux jours (9-10 décembre). La police a également trouvé 200 grammes d’explosifs, deux grenades à goupille, un stylo-pistolet et plusieurs centaines de cartouches. Ils ont confisqué plusieurs ordinateurs, ainsi qu’une vidéo et du matériel audio, au cours de la fouille de 20 appartements, maisons et voitures.

La police a déclaré qu’elle continuerait à chercher des documents demandés par le TPIY et qu’ils étaient en train d’analyser les documents, vidéos et matériels audio confisqués.

La police n’a pas précisé l’identité des propriétaires des maisons et voitures fouillées, mais ce n’est un secret pour personne qu’ils ont visité le général à la retraite Rahim Ademi et l’avocat de Zagreb Marin Ivanovic, qui a été arrêté par la police à Split hier (10 décembre) et transféré à Zagreb pour être interrogé.

M. Ivanovic défend le général Ante Gotovina, l’un des trois généraux croates accusés de crimes de guerre par le TPIY pour l’ « opération tempête » de 1995 (voir « Contexte »). Il a maintenu qu’il n’était pas coupable et que le but de son procès était de faire pression sur lui en tant qu’avocat de Gotovina.

Interrogé pour savoir si des documents recherchés avaient été trouvés lors des raids policiers dans plusieurs maisons, la premier ministre croate Jadranka Kosor a déclaré qu’elle n’était ni la responsable de la police ni la ministre de l’intérieur.

Les institutions font leur travail en concordance avec le programme de base de ce gouvernement, qui est d’apprendre la vérité à propos de ces documents, s’ils existent et si c’est le cas, où ils se trouvent, a-t-elle dit.

La Croatie devrait être le premier pays à rejoindre l’UE depuis l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007. Ce pays devrait avoir achevé ses négociations d’adhésion en 2010 et la rejoindre en 2012 (EURACTIV 06/11/09).

Cependant, dans le processus d’adhésion de la Croatie, des défis considérables restent à surmonter, notamment au regard de l’accès du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à d’importants documents sur l’utilisation de l’artillerie par les forces croates lors de la guerre balkanique des années 1990.

Ces documents sont nécessaires pour le procès du général Ante Gotovina, inculpé par le TPIY de crimes de guerre au moment de l’expulsion des Serbes de Krajna de Croatie en 1995 dans le cadre de l’ « opération Tempête ». Ce nettoyage ethnique a causé la mort de 350 victimes innocentes, et a provoqué la fuite de 200 000 Serbes de l’ancienne République yougoslave à la fin de la guerre qui s’est déroulée de 1991 à 1995.

M. Gotovina a passé plusieurs années à se cacher, avant d’être attrapé à Tenerife en 2005. De nombreux Croates le considèrent encore comme un héros national.

Supporter

Mission of Georgia to the European Union

Sur Twitter

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.