Le nouveau Premier ministre polonais Donald Tusk est arrivé à Bruxelles mercredi (13 décembre) pour le sommet de l’UE sur les Balkans occidentaux. Les médias polonais se font l’écho d’une volonté chez lui de défendre ardemment l’adhésion des Balkans à l’UE.
La visite de M. Tusk à Bruxelles marque son premier déplacement depuis qu’il a pris officiellement ses fonctions en tant que Premier ministre, après avoir été nommé par le président Andrzej Duda.
« La Pologne est revenue en Europe. Pour moi, c’est probablement le moment le plus important de ma vie politique », a déclaré M. Tusk lors d’un point presse à Bruxelles mercredi après-midi.
M. Tusk a déjà occupé le poste de Premier ministre polonais pendant pratiquement deux mandats, entre 2007 et 2014, jusqu’à ce qu’il soit nommé président du Conseil européen.
Évoquant l’époque où il était chef du Conseil européen et où, comme il l’a rappelé lors de la conférence de presse, il était connu pour son obsession vis-à-vis des velléités belligérantes la Russie: « J’aurais préféré avoir eu tort, mais il se trouve que j’avais raison. Mon rôle aujourd’hui est de renforcer la détermination de l’Europe ».
Il est désormais crucial pour l’Europe de continuer à soutenir l’Ukraine, a souligné M. Tusk, ajoutant qu’il était « incapable de se faire à l’idée d’une quelconque apathie ou lassitude à l’égard de [la guerre] ».
Mais, en plus d’être un partisan d’un soutien sans faille à Kiev, M. Tusk pourrait également devenir un défenseur de l’adhésion des Balkans occidentaux à l’UE, comme le suggèrent les médias polonais.
La Pologne a longtemps été perçue comme un soutien aux ambitions européennes du flanc est de l’Europe, et ce quel que soit le parti au pouvoir, a déclaré Konrad Pawłowski, analyste à l’Institut d’Europe centrale (IEŚ), pour Money.pl.
Toutefois, M. Tusk devra composer avec l’affaiblissement de la position de la Pologne au sein de l’UE en raison du non-respect de l’État de droit sous le gouvernement nationaliste Droit et Justice (PiS) qui a duré huit ans.
Le gouvernement PiS s’était régulièrement heurté à la Commission européenne au sujet de réformes controversées, qui, selon les instances européennes, ont porté atteinte à l’indépendance du système judiciaire et aux libertés fondamentales en Pologne.
Mais les relations avec Bruxelles pourraient s’améliorer rapidement grâce à la large coalition pro-Europe menée par M. Tusk, mélange de la Coalition civique, parti de M. Tusk, des centristes de Troisième voie et de plusieurs partis de gauche.
Et ce n’est pas sans faire grincer quelques dents. « Je souhaite que cette coalition s’effondre le plus rapidement possible. Je ne crois pas qu’elle puisse faire avancer la Pologne. Je ne crois pas non plus aux garanties selon lesquelles cette coalition s’opposera aux réformes (des traités) de l’UE », a déclaré l’eurodéputé du PiS Kosma Złotowski à Euractiv Pologne.



