Élargissement : Bruxelles dresse l’état des lieux et prévoit 9 milliards pour les Balkans

Une femme marche devant les drapeaux de l'Albanie (à g.), de l'UE et de la Macédoine du Nord, dans un bazar à Skopje, en Macédoine du Nord, le 3 février 2020. [EPA-EFE/GEORGI LICOVSKI]

La Commission européenne a présenté son rapport sur l’élargissement et propose un plan de 9 milliards d’euros en faveur des Balkans occidentaux. Elle enjoint cependant la région à progresser en matière d’État de droit. Un article d’Euroefe.

Mardi 6 octobre, l’exécutif européen a publié son dernier rapport sur l’état d’avancement des négociations d’élargissement de l’UE. Le document confirme notamment que le processus avec la Turquie demeure au point mort.

L’UE a entamé des négociations d’adhésion avec la Turquie en 2005, avec le Monténégro en 2012 et avec la Serbie en 2014. En mars dernier, elle a en outre accepté d’amorcer des discussions avec la Macédoine du Nord et l’Albanie.

La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo constituent eux aussi des candidats potentiels. La Bosnie-Herzégovine a déposé sa candidature pour rejoindre l’UE en 2016, quant au Kosovo, il a conclu un accord de stabilisation et d’association avec l’UE en 2015. Ce dernier instaure une relation politique, économique et commerciale plus étroite entre les deux entités, destinée à préparer le terrain en vue d’une éventuelle entrée du pays dans le club de l’UE.

Macron et Merkel tentent de ressusciter le dialogue serbo-kosovar

À Berlin, Emmanuel Macron et Angela Merkel tentent lors d’un sommet des Balkans de relancer le dialogue entre la Serbie et le Kosovo, dont les relations sont au plus mal 20 ans après leur conflit guerrier.

Un plan pour les Balkans occidentaux

Outre son rapport, la Commission a présenté un plan pour encourager la reprise économique dans les Balkans occidentaux, soutenir leur transition verte et numérique, encourager leur intégration régionale et faciliter leur convergence avec l’Union.

Elle entend débloquer 9 milliards d’euros, destinés à être investis dans la connectivité durable, le capital humain ou la compétitivité et la croissance inclusive.

Le plan identifie jusqu’à dix initiatives d’investissement phares liées aux connexions ferroviaires, aux énergies renouvelables et à l’abandon progressif du charbon, à la rénovation des bâtiments, à la gestion des déchets et de l’eau ou au haut débit. Il prévoit également un soutien à l’innovation, aux PME et aux jeunes.

L’objectif est également de réduire le coût de financement des investissements publics et privés.

L’exécutif européen souligne que, grâce à la garantie de l’UE pour l’action extérieure et au Fonds européen de développement durable, la région des Balkans pourrait bénéficier d’un potentiel d’investissement allant jusqu’à 20 milliards d’euros.

Les pays des Balkans occidentaux seront les priorités du programme européen d'élargissement

À la suite d’un sommet sur « l’élargissement » de l’UE en mai, lors duquel cette même notion a été largement délaissée, les pays des Balkans occidentaux devraient occuper une place importante dans le programme européen de l’automne 2020.

Progrès nécessaires en matière d’État de droit

La Commission a passé au crible la situation des pays des Balkans occidentaux. Elle estime que « des progrès crédibles en matière d’État de droit constituent toujours un défi majeur », souvent en raison d’un « manque de volonté politique ».

Elle pointe également le « rythme lent [qui prévaut] dans la culture judiciaire » de l’ensemble de la région, « sans engagement suffisant attaché au principe de l’indépendance judiciaire ».

La lutte contre la corruption a marqué le pas et les résultats obtenus par la plupart des pays sont « loin de satisfaire aux exigences » de l’adhésion à l’UE, relève l’exécutif européen, ajoutant qu’en matière de liberté d’expression et de pluralisme des médias « c’est l’an dernier que les progrès ont été les moins importants ».

Bruxelles livre une radiographie contrastée de l'État de droit en Europe

La Commission européenne a présenté son premier rapport sur la situation de l’État de droit à l’échelle de l’Union, mercredi 30 septembre. Il constitue selon elle un mécanisme « préventif » destiné à empêcher toute détérioration ultérieure.

La Commission met en avant « les progrès » réalisés dans la mise en œuvre de réformes en Albanie et en Macédoine du Nord. Concernant le Kosovo, elle fait en revanche état de « progrès limités » et a donc appelé le pays à « redoubler d’efforts ».

Turquie : les obstacles se multiplient

La Turquie, pays candidat avec lequel l’UE tente de désamorcer les tensions engendrées par sa prospection d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, est toujours considérée comme un « partenaire clé ».

Pour autant, Ankara « a continué à prendre ses distances avec l’UE, par le biais d’importantes régressions en matière de démocratie, d’État de droit, de droits fondamentaux et d’indépendance du pouvoir judiciaire ».

L'UE sanctionne le régime du Bélarus et menace Ankara

Les dirigeants de l’UE ont donné vendredi leur feu vert pour sanctionner le régime au pouvoir au Bélarus, mais pas Alexandre Loukachenko, après s’être accordé sur un message de fermeté assorti de menaces de sanctions à la Turquie à l’issue d’âpres négociations.

Depuis 2018, les négociations d’élargissement avec la Turquie sont dans l’impasse.

La Commission européenne considère dans son rapport que les raisons sous-jacentes à cette situation (principalement la situation des droits de l’homme) persistent encore, « en dépit de l’engagement répété du gouvernement (turc) en faveur de l’objectif d’adhésion à l’UE ».

Elle souligne néanmoins que le dialogue et la coopération avec Ankara se sont poursuivis, notamment en matière de migration.

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