Emmanuel Macron propose une alternative à l’élargissement de l’UE

Le président français Emmanuel Macron lors de son discours de clôture de la Conférence sur l'avenir de l'Europe (CoFoE) au Parlement européen à Strasbourg, le 9 mai 2022. [EPA-EFE/RONALD WITTEK]

Le président français Emmanuel Macron a présenté lundi (9 mai) une proposition de nouvelle « communauté politique européenne » qui permettrait à l’Ukraine ainsi qu’à d’autres pays actuellement en dehors du cadre de l’Union européenne d’être plus étroitement associés à cette dernière.

S’exprimant devant le Parlement européen à Strasbourg, M. Macron a déclaré qu’une telle mesure contribuerait à structurer l’architecture de sécurité du continent européen, qui a été bouleversée depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

« La guerre en Ukraine et l’aspiration légitime de ce peuple [les Ukrainiens] comme de la Moldavie et de la Géorgie à rejoindre l’Union européenne nous invitent à repenser notre géographie et l’organisation de notre continent », a déclaré M. Macron devant les citoyens et les politiciens présents lors de l’événement de clôture de la Conférence sur l’avenir de l’Europe (CoFoE).

Cette structure « permettrait aux nations européennes démocratiques, adhérant à notre socle de valeurs de trouver un nouvel espace de coopération politique, de sécurité, de coopération en matière énergétique, de transports, d’investissements d’infrastructures, de circulations de personnes en particulier de notre jeunesse », a-t-il poursuivi.

M. Macron n’a toutefois pas précisé comment le nouveau cadre fonctionnerait sur le plan politique dans la pratique, mais a cité une proposition de « Confédération européenne » formulée par l’un de ses prédécesseurs, François Mitterrand.

Selon le président français, ce nouveau cadre permettrait à l’Ukraine, à la Géorgie, à la Moldavie, aux pays des Balkans occidentaux et à ceux qui ont quitté l’UE de faire partie plus rapidement d’une Europe politique.

« L’Union européenne, compte tenu de son niveau d’intégration et d’ambition, ne peut pas être à court terme le seul moyen de structurer le continent européen », a expliqué M. Macron.

« La rejoindre ne préjugerait pas d’adhésion future à l’Union européenne, forcément, comme elle ne serait pas non plus fermée à ceux qui ont quitté cette dernière », a-t-il ajouté.

« C’est une façon d’ancrer des pays qui sont géographiquement en Europe et qui partagent nos valeurs », a-t-il confié aux journalistes, en faisant référence à ces pays en particulier.

Ce discours du président français intervient alors que les États membres de l’UE sont en désaccord sur le rythme auquel ils doivent faire avancer la demande d’adhésion de Kiev, pour laquelle un avis positif de la Commission européenne est attendu en juin.

Une fois que l’exécutif européen aura rendu son avis, les dirigeants de l’UE devront décider d’accorder ou non à l’Ukraine le statut de candidat à l’adhésion au bloc, une étape de la procédure d’adhésion qui prend normalement des années à être réalisée, mais pour laquelle il y a eu un élan significatif pour prendre une décision politique à la lumière de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a plaidé pour un traitement rapide de la demande d’adhésion de l’Ukraine, avec le soutien des États membres d’Europe centrale et orientale.

La France et, de facto, la plupart des pays d’Europe occidentale sont toutefois sceptiques quant au fait de permettre à l’Ukraine de procéder rapidement dans le sens de l’adhésion et de ne pas avoir le temps de mener à bien des réformes politiques essentielles.

Emmanuel Macron a laissé entendre qu’il était favorable à une décision rapide sur le statut de candidat de l’Ukraine, tout en tempérant les espoirs de Kiev d’une entrée rapide dans l’Union.

Même si l’Ukraine obtenait le statut officiel de candidat à l’adhésion à l’UE, il lui faudrait des années, voire « plusieurs décennies », avant de pouvoir rejoindre effectivement le bloc, a-t-il souligné.

« […] C’est la vérité que de dire cela, sauf à ce que nous décidions de baisser les standards de cette adhésion et donc de complètement repenser l’unité de notre Europe et parfois les principes au nom desquels nous sommes exigeants à l’égard de certains de nos propres membres et nous y tenons tous », a-t-il déclaré.

La question des Balkans occidentaux, celle de savoir quand l’Albanie et la Macédoine du Nord rejoindront l’Union après avoir obtenu le statut officiel de candidat, reste quant à elle toujours en suspens.

L’Allemagne souhaite un élargissement aux Balkans occidentaux et l’abolition de l’unanimité

L’Allemagne veut prendre la Conférence sur l’avenir de l’Europe comme point de départ pour faire évoluer l’Union européenne, éventuellement modifier les traités, et abolir la prise de décision à l’unanimité pour les questions de politique étrangère.

Subscribe to our newsletters

Subscribe