En 2022, les élargissements de l’UE pourraient piétiner

La seule avancée sur l’élargissement que l'on peut espérer pour 2022 est sans doute - de ne pas régresser. [Shutterstock/Minerva Studio/Wlad74]

Cet article fait partie de l'édition spéciale Politiques européennes : À quoi faut-il s’attendre en 2022 ?.

L’élargissement est au point mort et les gouvernements des États membres de l’UE peinent à se mettre d’accord sur une stratégie commune pour l’adhésion des six candidats officiels, à savoir la Serbie, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie et la Macédoine du Nord.

Le nouveau gouvernement bulgare semble prêt à tourner la page dans les négociations avec la Macédoine du Nord sur les différends linguistiques et historiques qui ont conduit Sofia à opposer son veto ferme à l’adhésion de Skopje à l’Union européenne. Le président bulgare Ruman Radev suggère notamment que le pays modifie à nouveau sa constitution.

L’Albanie, dont le sort est lié à l’issue du processus d’adhésion de la Macédoine du Nord, est également coincée dans la salle d’attente de l’UE. Certains, dont la Bulgarie, suggèrent que les progrès de Tirana dans le cadre de son adhésion à l’UE devraient être dissociés de ceux de la Macédoine du Nord. Cela risquerait d’entraîner de nouveaux problèmes pour Skopje.

Dans les négociations d’adhésion avec le Monténégro et la Serbie, les deux pays censés être en tête du processus, l’on ne constate également que peu de progrès.

Podgorica a entamé les pourparlers d’adhésion avec l’Union européenne en 2012 et a ouvert tous les sujets en discussion, appelés « chapitres », dans les négociations. Cependant, sur les trente-cinq chapitres, elle n’en a clos que trois à ce jour.

De son côté, la Serbie est parvenue à ouvrir quatre nouveaux chapitres, axés sur la durabilité, après un retard de deux ans. Toutefois, nombreux sont ceux qui mettent en doute l’engagement réel du gouvernement envers la démocratie.

Un autre obstacle sur le chemin de l’adhésion de la Serbie est son dialogue avec le Kosovo pour trouver un accord de règlement global juridiquement contraignant et normaliser les relations entre les deux pays, une condition pourtant préalable à l’adhésion.

Pour l’instant, les discussions n’aboutissent pas, et les idées qui circulent sur une éventuelle unification du Kosovo et de l’Albanie ne peuvent que détériorer davantage les relations entre Belgrade et Pristina. En même temps, les frustrations du Kosovo par rapport à Bruxelles couvent en raison de l’incapacité de l’Union à tenir ses promesses en matière d’exemption de visa.

En Bosnie-Herzégovine, c’est, pour le moins qu’on puisse dire, la pagaille. Les mois à venir détermineront si le pays se fragmentera après que la Republika Srpska (RS), à majorité serbe, a adopté une feuille de route pour se retirer des institutions clés communes comme l’armée, le système fiscal et le système judiciaire.

Pour rappel, la RS et la Fédération bosniaque-croate, deux entités très autonomes, forment la Bosnie-Herzégovine depuis l’après-guerre, qui est caractérisée par un gouvernement central peu puissant.

L’UE a condamné l’annonce de la RS et certains États membres, dont l’Allemagne, réclament désormais des sanctions à l’encontre du dirigeant serbe Milorad Dodik.

Cependant, de récentes révélations des médias suggèrent que le vote sécessionniste, qui promettait de présenter des projets de loi en six mois pour remplacer la législation nationale, a eu lieu lors d’une assemblée législative qui se serait tenue avec la bénédiction du commissaire européen à l’élargissement, Olivér Várhelyi. À Bruxelles, un diplomate avait alors expliqué à EURACTIV que ces rapports étaient « choquants ».

Le dernier candidat officiel, la Turquie, n’a quant à lui plus de candidat que le nom.

Et pour les autres candidats à l’adhésion à l’UE ? La liste des candidats potentiels est longue, on y retrouve notamment la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine, qui se sont récemment regroupées pour accélérer leur intégration au sein de l’Union. Tbilissi a même annoncé qu’elle prévoyait de soumettre sa candidature pour l’adhésion d’ici 2024.

Cependant, comme les appels à l’élargissement resteront lettre morte à Bruxelles et dans les capitales européennes, le nombre de pays qui cherchent sincèrement à rejoindre l’Union pourrait commencer à diminuer.

En résumé, la seule avancée sur l’élargissement que nous pouvons espérer pour 2022 est sans doute de ne pas régresser.

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