Les pays des Balkans occidentaux seront les priorités du programme européen d’élargissement

À la suite d’un sommet sur « l’élargissement » de l’UE en mai, lors duquel cette même notion a été largement délaissée, les pays des Balkans occidentaux devraient occuper une place importante dans le programme européen de l’automne 2020.

La Commission européenne, armée d’une nouvelle méthodologie relative à l’élargissement de l’UE, devrait publier son « paquet d’élargissement » longuement reporté cet automne, qui analysera minutieusement les procédures en places et rassemblera des rapports propres à chaque pays sur l’état d’avancement des candidats à l’adhésion et ceux espérant le devenir.

L’exécutif devrait aussi présenter un programme d’investissement pour les Balkans occidentaux, initialement prévu pour mai, qui devrait se concentrer sur l’énergie, les transports, le programme environnemental et celui numérique afin d’endiguer la fuite des cerveaux et rapprocher la région de l’économie européenne.

En outre, la marche de manœuvre budgétaire du bloc sera réduite, étant donné que le Conseil de l’UE a revu à la baisse les 10,5 milliards d’euros supplémentaires prévus pour l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVDCI), qui canalisera la plus grande part des fonds relevant des actions extérieures. De plus, il a également supprimé les 4,7 milliards d’euros additionnels de la proposition présentée par l’exécutif européen, diminuant le financement total de l’instrument à 70,8 milliards d’euros.

Néanmoins, les plus optimistes soulignent que les leaders européens se sont entendus sur une enveloppe d’aide de pré-adhésion à hauteur de 12,6 milliards d’euros durant le prochain exercice budgétaire de 2021 à 2027. Le Parlement européen doit encore donner son approbation à ce propos.

Les élections en Macédoine du Nord, dont beaucoup croyaient qu’elles enclencheraient le pas vers une adhésion à l’UE, ont découlé sur un nouveau mandat de Zoran Zaev (Alliance sociale-démocrate) en tant que Premier ministre. Au cours de son premier exercice, celui-ci était parvenu à l’accord controversé de changement de nom du pays et avait ainsi résorbé un conflit de longue haleine avec la Grèce tout en ouvrant la voie à l’adhésion à l’UE.

L’accord de coalition récemment conclu avec un parti représentant la minorité ethnique albanaise du pays, qui promet de passer le flambeau ministériel à une personnalité albanaise pour la première fois au cours des cent derniers jours du mandat gouvernemental, porte à croire que la Macédoine du Nord devrait officiellement amorcer les négociations d’adhésion sous la présidence allemande au Conseil de l’UE. La Bulgarie met toutefois Bruxelles en garde face aux tentatives incessantes de certains groupes à Skopje de « falsifier » l’histoire commune des pays voisins.

De son côté, l’Albanie doit encore répondre à plusieurs conditions avant de pouvoir commencer les négociations, et ce, après avoir reçu le premier feu vert tant convoité d’élargissement ce printemps.

Le navire européen a, certes, salué les réformes électorales albanaises, une condition sine qua non à l’adhésion, mais il s’est montré moins enthousiaste au vu des changements constitutionnels apportés par les socialistes au pouvoir ; des modifications à motivation politique selon l’opposition. Il semblerait qu’un autre report des négociations à l’adhésion soit prévu.

Parallèlement, la procédure d’adhésion continue au Monténégro, qui a ouvert son dernier chapitre de négociation relatif à la concurrence en vue de respecter l’acquis communautaire européen, mais le chemin est encore long, car seuls 3 des 35 chapitres de négociation ont été clôturés jusqu’à présenter.

Cependant, des élections parlementaires contestées prévues ce dimanche (30 août) et des doutes persistants face au respect de l’état de droit pourraient mettre des bâtons dans les roues de Podgorica, actuellement en première place dans la course à l’élargissement.

Tandis que les discussions ont repris avec la Serbie et le Kosovo cet été, des signaux positifs pourraient indiquer que Belgrade et Pristina envisagent de conclure un accord global juridiquement contraignant afin de normaliser leurs relations cette année. Le chemin pour ce faire est toujours semé d’embûches.

À l’heure actuelle, le Monténégro et la Serbie occupent la première place sur le plan de l’élargissement. Même si le Podgorica est clairement devant, reste à voir si elle sera autorisée à continuer la course en tête ou si elle ralentit jusqu’à ce que la Serbie la rattrape.

La Serbie dans l’UE en 2025, une mission impossible ?

Si l’adhésion de la Serbie à l’UE pour 2025 semble peu réaliste, elle ne serait pas pour autant impossible selon les représentants de la société civile. Un article d’Euractiv Serbie.

Partenariat oriental

À l’Est, tous les yeux sont rivés sur la Biélorussie, la brebis galeuse de la politique européenne de voisinage, et les sanctions sont sur toutes les lèvres.

À la suite d’un sommet en juin réunissant les chefs d’État et de gouvernement du partenariat oriental de l’UE et les leaders des institutions européennes, et malgré les promesses ultérieures visant à accorder plus d’attention aux frontières orientales du bloc, aucune avancée majeure ne se trouve au programme.

Dans le Caucase du Sud, après avoir conclu un accord de réforme électorale, la Géorgie devrait vivre une période électorale houleuse, et ce, jusqu’aux votes prévus en octobre. En outre, le pays traverse désormais une période d’accalmie avec ses ennemis de longue date, l’Azerbaïdjan et l’Arménie, alors que les tensions s’étaient ravivées en juillet.

Par ailleurs, tandis que le cessez-le-feu dans le Donbass semble plus ou moins maintenu, l’Allemagne devrait appeler à de nouvelles négociations sous le « format Normandie ». Les représentants de l’Allemagne, la France, l’Ukraine et la Russie devraient s’entendre sur la mise en œuvre des accords de Minsk, et ce, à la fin septembre au plus tôt. Moscou aura le dernier mot dans le cadre de ses discussions.

Lors du sommet UE-Ukraine le 1er octobre, Kiev espère enfin signer l’accord sur l’Espace aérien européen commun, qui libéraliserait l’accès au marché commun et établirait des normes communes. Alors que les autorités ukrainiennes devraient insister pour un réexamen des contingents en vertu de leur accord commercial avec le navire européen, l’UE devrait souligner que s’il est appliqué dans sa totalité, l’accord prévoit la mise en place d’une vaste majorité de lois européennes.

La Commission européenne devrait également suivre de près les développements politiques en Ukraine, alors que de nombreux sujets alarmistes sont portés à son attention, notamment des inquiétudes de persécution, des accusations de pression politique systémique dans les institutions indépendantes et des craintes relatives à la liberté de la presse.

Bruxelles surveillera également les liens entre le Fonds monétaire international (FMI) et Kiev, dont la collaboration pourrait connaître quelques modifications d’ici à l’automne.

Enfin, les relations avec la Moldavie sont plus compliquées depuis que le pays est régi par un cabinet ministériel pro russe.

La Turquie, la Chine et la Russie convoitent des Balkans occidentaux délaissés par l'UE

À moins que le processus d’adhésion des Balkans occidentaux à l’UE ne s’accélère, les six pays de la région pourraient examiner d’autres options, y compris le renforcement de leurs relations avec la Chine, la Russie, la Turquie et les États du Golfe, avertit un rapport.

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