L’UE a fait preuve d’audace en signant l’accord de stabilisation et d’association avec la Serbie avant les élections parlementaires anticipées du 11 mai, a déclaré Goran Svilanovic, l’ancien ministre des Affaires étrangères de la Serbie et Monténégro dans un entretien à EURACTIV. Il a également salué la récente initiative européenne visant à faciliter l’octroi de visa.
Goran Svilanovic, qui travaille désormais pour le Centre pour les droits humains de Belgrade, a salué les dernières tentatives de l’UE de maintenir la Serbie sur le chemin de l’adhésion. La décision de signer l’accord de stabilisation et d’association (ASA) le mois dernier, ainsi que la présentation, le 7 mai par le vice-président de la Commission Jacques Barrot, d’une feuille de route sur la levée des restrictions en matière de visa pour les Serbes souhaitant circuler dans l’Union, étaient « le bon choix », a-t-il déclaré.
« Bien entendu, cela pourrait influencer le résultat des élections, mais je dirais que dans les circonstances actuelles en Serbie, chaque étape franchie, même en partie, est toujours la bienvenue. Nous n’avons plus de temps à perdre », a-t-il ajouté.
Il espère qu’un gouvernement démocratique minoritaire sera établi après les élections. Il a dénoncé le Premier ministre serbe, M. Kostunica, de faire pression pour un transfert de pouvoir du bloc démocratique à un bloc constitué de nationalistes et de radicaux. M. Svilanovic a également envisagé une situation où les deux camps s’avèreraient incapables de former un gouvernement et pourraient décider d’organiser de nouvelles élections.
Néanmoins, il a minimisé les craintes que la Serbie ne s’écarte du chemin de l’adhésion à l’UE. « Même si nous nous retrouvons avec des nationalistes, cela pourrait uniquement ralentir le processus d’intégration avec l’UE – mais pas l’empêcher, parce qu’il est véritablement dans le meilleur intérêt de la Serbie et la population le comprend et le soutient », a-t-il affirmé.
En ce qui concerne la mission européenne au Kosovo (EU-Lex), M. Svilanovic estime qu’elle reste incertaine à cause de problèmes juridiques (EURACTIV 16/04/08). D’après lui, une solution pourrait être trouvée si la même personne était responsable de la mission EU-Lex et de la mission MINUK de l’ONU.
Il a également conseillé aux Serbes et aux Kosovars de continuer les négociations. « La Serbie les appellera ‘négociations sur le statut’, alors que les Albanais du Kosovo parleront certainement de ‘négociations post-statut’ », a déclaré M. Svilanovic. Selon lui, elles pourraient être concentrées sur des questions concrètes comme les cartes d’identité, les passeports, les déplacements, la privatisation, l’énergie et les plaques d’immatriculations des véhicules.
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