La médiation de l’UE n’a pas encore permis de trouver une solution en Géorgie

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a qualifié la situation politique actuelle en Géorgie, pays qui ambitionne de rejoindre l’UE, de « moment charnière ». EPA-EFE/YVES HERMAN / POOL [EPA-EFE/YVES HERMAN / POOL]

Les négociations menées par l’UE entre le parti au pouvoir en Géorgie et l’opposition n’ont pas encore porté leurs fruits, comme l’a révélé la visite du Premier ministre de ce pays du Caucase du Sud à Bruxelles, mardi 16 mars.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a qualifié la situation politique actuelle en Géorgie, pays qui ambitionne de rejoindre l’UE, de « moment charnière ».

La crise politique en Géorgie s’est aggravée le mois dernier après que la police a pris d’assaut les bureaux du parti du chef de l’opposition, Nika Melia, et l’a placé en détention, aggravant ainsi la crise politique qui a également poussé le précédent Premier ministre, Giorgi Gakharia, à démissionner. Irakli Garibashvili a été nommé Premier ministre cinq jours plus tard, mais les tensions demeurent.

Alors que M. Garibashvili est arrivé à Bruxelles, un envoyé spécial du président du Conseil européen a servi de médiateur entre le gouvernement et l’opposition à Tbilissi.

M. Borrell a déclaré que le parti au pouvoir, Rêve géorgien, avait « une responsabilité particulière » pour trouver une solution à la crise, tout en critiquant l’opposition, qui boycotte le Parlement depuis les élections législatives d’octobre 2020.

« Boycotter le Parlement n’est pas utile pour une démocratie qui fonctionne », a indiqué M. Borrell.

En Géorgie, l’opposition boycotte à la fois le Parlement précédent et le Parlement actuel.

« Malheureusement, il n’y a pas encore d’accord », a-t-il ajouté.

Lors de sa visite en Géorgie au début du mois, le président du Conseil européen, Charles Michel, a annoncé de manière inattendue que « le temps est [était] de passer de la facilitation à la médiation » et a donné le coup d’envoi d’une série de réunions entre l’opposition et le parti au pouvoir, Rêve géorgien.

Depuis lors, Christian Danielsson, qui dirigeait auparavant la DG Voisinage et négociations d’élargissement de l’exécutif européen, assure la médiation entre le parti au pouvoir, Rêve géorgien, et l’opposition.

Parmi les sujets abordés figurent la réforme électorale et judiciaire, le traitement de la justice politisée et la question des prisonniers politique, le partage du pouvoir au Parlement et les prochaines élections.

La question des élections anticipées, réclamées par l’opposition et rejetées par le Rêve géorgien, serait l’une des parties les plus contestées des négociations.

Interrogé par les journalistes sur le fait de savoir si son parti est prêt à libérer ce que l’opposition qualifie de « prisonniers politiques » et à programmer des élections anticipées, M. Garibashvili a répondu que « cela ne dépend pas de moi ».

Il a ajouté que « ce n’est pas à moi de décider quand ou comment libérer ou non les prisonniers. Il s’agit de l’État de droit, il s’agit du système judiciaire, il s’agit de la décision du tribunal de mettre quelqu’un en prison ou de libérer quelqu’un de prison. »

Concernant les élections anticipées, il a déclaré : « Ce n’est pas à moi de décider d’organiser des élections anticipées ou non. C’est dit très clairement dans la Constitution. Nous avons eu des élections très libres, équitables et transparentes en octobre 2020. Toutes les organisations internationales… et tous les observateurs internationaux ont reconnu que ces élections étaient libres, équitables et compétitives. De ce fait, les prochaines élections parlementaires en Géorgie auront lieu en 2024. »

Répondant à la même question sur les élections anticipées, M. Borrell a reconnu que les récentes élections législatives avaient effectivement été libres et équitables.

Lors de sa rencontre avec Olivér Várhelyi, responsable de l’élargissement à la Commission, avant le conseil d’association, M. Garibashvili a souligné que la présence militaire croissante de la Russie dans la région nécessite un engagement plus proactif de l’UE.

La présence militaire russe dans le Caucase du Sud a augmenté après une trêve négociée par le Kremlin entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

L’année dernière, la Russie aurait également déployé entre 9 000 et 10 000 soldats dans les deux territoires séparatistes, ce qui représente en Ossétie du Sud un soldat pour huit habitants.

M. Borrell a déclaré que le rôle de la Russie dans la région avait été évoqué lors des discussions de Bruxelles.

Supporter

Ce partenaire soutient le travail d'EURACTIV sur Élargissement. Ce soutien permet à EURACTIV de consacrer des ressources éditoriales supplémentaires pour couvrir le sujet plus amplement et en profondeur. Le contenu éditorial d'EURACTIV ne reflète pas les opinions de ses partenaires.

Mission of Georgia to the European Union

Sur Twitter

Subscribe to our newsletters

Subscribe