Les acteurs du secteur privé géorgien travaillent à la prospérité du pays

[Georgi Gotev]

La Géorgie, qui promeut les réformes économiques et se classe septième dans l’indice « Doing Business » de la Banque mondiale, a donné la parole à des hommes d’affaires expérimentés sur la façon de rendre le climat encore plus favorable à l’investissement.

À l’occasion du Silk Road Forum qui a eu lieu à Tbilissi le 23 octobre et auquel 2 000 délégués venus de quelque 60 pays ont participé, des responsables du secteur privé ont expliqué pourquoi ils étaient venus en Géorgie et quelles étaient les conditions qui allaient les inciter à investir davantage.

Le pays voit dans l’initiative chinoise « One Belt, One Road » (OBOR, ou les nouvelles routes de la soie), une chance d’exploiter son potentiel de territoire de transit. De manière générale, la Géorgie veut améliorer le niveau de vie du pays et lutter contre la pauvreté.

Comme l’a souligné la première vice-présidente du parlement géorgien, Tamar Chugoshvili, les gens pauvres, qui souffrent et ne disposent pas d’un revenu de base sont faciles à manipuler. La Géorgie est vulnérable à la propagande russe et 20 % de son territoire a été occupé par la Russie après une brève guerre en août 2008.

Dans le panel consacré au développement économique durable et aux opportunités d’investissement, les chefs d’entreprise ont fait l’éloge des réformes, mais ont averti qu’un changement trop important de la réglementation pourrait créer une incertitude politique.

Le modérateur du panel, le journaliste de la BBC Joe Lynam, a cité l’exemple de son Irlande natale dans les années 1970 pour ouvrir la discussion. À l’époque, l’Irlande était le pays le plus pauvre d’Europe occidentale et connaissait des problèmes d’émigration.

Une Française élue présidente en Géorgie

L’ex-ambassadrice française Salomé Zourabichvili, soutenue par le parti au pouvoir Rêve géorgien, a remporté le deuxième tour de la présidentielle géorgienne, une élection test pour la démocratie de ce pays du Caucase.

Aujourd’hui membre de l’UE, l’Irlande est le devenu le deuxième pays le plus riche d’Europe (après le Luxembourg), a-t-il déclaré. Un exploit rendu possible grâce aux investissements dans les infrastructures, l’éducation et aussi parce que le pays s’est lancé dans une réforme de la réglementation, a expliqué le journaliste.

« La Géorgie pourrait être la prochaine République d’Irlande », a suggéré Joe Lynam. « L’initiative de la [nouvelle] route de la soie pourrait être le début d’une transformation majeure dans ce pays ».

Alexander Benard, codirecteur de Cerberus Frontier, une grande société américaine de capital-investissement, a marqué son accord. « La Géorgie est en effet en bonne voie pour devenir l’Irlande ou la Suisse de la région », a déclaré l’investisseur, dont le rôle est de trouver des opportunités sur des marchés sous-investis et sous-évalués.

Il considère la situation géopolitique de la Géorgie à la fois comme un défi et comme une opportunité.

« La région du Caucase au sens large est une économie de plusieurs milliards de dollars », a indiqué Alexander Benard en saluant le niveau de sophistication des décideurs politiques géorgiens. « Vous pouvez atteindre ces pays [en partant de Géorgie], mais dans le cadre d’un bon environnement réglementaire et d’un bon régime fiscal ».

L’homme d’affaires a toutefois souligné que si l’innovation et les réformes réglementaires étaient globalement positives, des changements en rafale pouvaient générer une incertitude politique.

« Le gouvernement géorgien s’efforce continuellement d’améliorer le climat d’investissement mais, ce faisant, il a modifié le régime d’investissement », ce qui rend la planification difficile. Son principal conseil : veiller à ce que les réformes ne se fassent pas au détriment de la prévisibilité et de la stabilité pour les investisseurs.

Il existe un consensus parmi les chefs d’entreprise sur le fait que les réformes de la Géorgie font l’objet d’évaluations correctes fondées sur l’indice de facilité de faire des affaires de la Banque mondiale et de l’indice de perception de la corruption de Transparency International.

Valery Vavilov, le fondateur et PDG de The Bitfury Group, une société blockchain offrant une gamme complète de services, a souligné que la facilité de faire des affaires et le soutien à l’innovation étaient les principaux critères qui avaient incité son groupe à investir en Géorgie. Il a également précisé que la réalisation d’un projet commun entre le gouvernement local et son entreprise n’avait pris que quelques mois, de sa conception à son lancement.

Le capital humain

Le panel a évoqué les défis découlant des performances économiques exceptionnelles de la Géorgie au cours de la dernière décennie, où l’économie a connu une croissance annuelle moyenne de 5 %.

Irakli Burdiladze, le PDG d’une société immobilière géorgienne qui a quintuplé sa taille en dix ans, a précisé qu’un environnement à forte croissance nécessitait des investissements dans le capital humain et dans l’éducation.

L’UE ouvre sa première école européenne en dehors de ses frontières, en Géorgie

Des responsables européens et géorgiens ont lancé lundi 16 septembre une école européenne à Tbilissi, la première institution scolaire de ce type lancée au-delà des frontières de l’Union. Le projet vise tous les pays du Partenariat oriental.

Illustrant son propos par un exemple de coopération entre les secteurs public et privé, le PDG a indiqué que son entreprise, en collaboration avec le ministère de l’Éducation, avait lancé l’an dernier une école de la construction en Géorgie occidentale. Celle-ci « prépare chaque année 600 travailleurs qualifiés, qui peuvent ensuite travailler sur les projets de l’entreprise ».

Natia Turnava, la ministre de l’Économie et du Développement durable, a reconnu qu’en raison de la croissance rapide du pays, la main-d’œuvre manquait. Elle a également convenu que l’enseignement professionnel serait crucial pour faire face à l’évolution des besoins du secteur privé.

« Le partenariat avec les entreprises privées est très important car il nous permet de trouver des synergies entre les ressources privées et publiques », a-t-elle conclu.

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