Réformes ou exode de sa population, l’Europe de l’Est doit choisir

Michael Roth, ministre adjoint allemand chargé des affaires européennes [Julien Warnand/EPA/EFE]

Lors de la conférence à Batoumi du partenariat oriental, le ministre adjoint allemand chargé des affaires européennes a affirmé clairement que l’Europe de l’Est devait accélérer ses réformes si elle ne voulait pas perdre sa population de jeunes travailleurs.

Michael Roth a tenu des propos durs lors de la Conférence de Batoumi, en Géorgie, le 11 juillet dernier à l’occasion du dixième anniversaire du partenariat oriental, une initiative européenne rassemblant la Géorgie, l’Ukraine, la Moldavie, la Biélorussie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Certains de ces pays, en particulier la Géorgie, se voient comme chefs de file et souhaitent aller au-delà de ce partenariat dans le but d’adhérer à l’Union européenne.

Michael Roth s’est exprimé au sujet de la lassitude actuelle des États membres à l’égard de l’élargissement de l’UE : « Aujourd’hui, de nombreux peuples sont simplement épuisés par les crises qui traversent le continent : le Brexit, les tensions transatlantiques, les mouvements migratoires, la montée du nationalisme et du populisme. Nombreux sont ceux qui voient l’élargissement de l’UE d’un mauvais œil ».

Michael Roth a rencontré les représentants de la société civile de Géorgie, qui se sentent délaissés par l’Europe et leur a expliqué qu’il n’y avait que deux options possibles : « Soit, nous accélérons les réformes en Europe de l’Est, notamment en Géorgie, soit, c’est toute la génération de jeunes travailleurs qui quitte le pays pour venir en Europe ou en Allemagne ».

« Ce matin, j’ai rencontré un stagiaire au ministère des Affaires étrangères de la Géorgie. Il m’a avoué que tous ses amis vivaient, étudiaient et travaillaient en Allemagne. C’est une bonne chose pour nous, mais cette fuite des cerveaux  est un désastre pour ce magnifique et merveilleux pays », a-t-il ajouté.

Cet exode était d’ailleurs au centre des discussions lors du deuxième jour de la conférence. Selon la ministre adjointe de la Culture, du Sport et de l’Éducation en Géorgie, Irina Abuladze, le gouvernement a pris la décision d’augmenter les dépenses dans le domaine de l’éducation de 6 % du PIB d’ici à 2022 et des modifications considérables dans la législation ont récemment été effectuées.

À ses yeux, ces changements devraient avoir une portée nationale et ils permettront d’améliorer grandement la qualité de l’éducation dans tous les domaines, y compris dans l’enseignement supérieur et dans les sciences. Par ailleurs, les groupes plus vulnérables auront ainsi un accès à une éducation de qualité.

L’un des objectifs est de se concentrer sur les écoles de taille moyenne dans des régions qui manquent actuellement de professeurs.

En outre, elle a indiqué que la première école européenne en dehors de l’UE ouvrirait bientôt ses portes à Tbilissi et un représentant de la Commission européenne a déclaré que les élèves des pays du partenariat oriental y seraient les bienvenus. En conclusion, Irina Abuladze a affirmé que le pays avait à cœur de fournir une éducation de qualité européenne à ses citoyens.

Nino Javakhade, ministre adjointe de l’Intérieur en Géorgie, a quant à elle abordé la problématique de l’exode géorgien vers l’UE, rendu possible grâce à un régime d’exemption de visa en œuvre depuis 2017.

Selon elle, cette exemption est l’avancée la plus tangible pour la Géorgie puisque chaque citoyen peut en bénéficier, ce qui a renforcé le soutien de la population à l’UE à des niveaux sans précédent. De récents sondages indiquent que plus de 80 % des Géorgiens soutiennent la volonté du pays d’adhérer à l’Union européenne.

Les Géorgiens bientôt accueillis en UE sans visa

Le 27 février, le Conseil européen a approuvé la proposition de la Commission de libéraliser le régime des visas pour la Géorgie. Un article d’Euractiv Allemagne.

Depuis la mise en place de ce régime, 400 000 Géorgiens — parmi les 3,5 millions que compte le pays — ont voyagé dans l’espace Schengen, et le nombre total de visites s’élève à 800 000.

Elle a toutefois admis que ce régime présentait quelques problèmes et que le pays travaillait désormais à un niveau multilatéral avec l’UE et à un niveau bilatéral avec les pays les plus touchés, en particulier en ce qui concerne les demandeurs d’asile.

Nino Javakhade a assuré que le gouvernement géorgien collaborait également avec l’UE au sujet de la « migration circulaire » ou migration répétée : les va-et-vient d’un travailleur immigré entre son pays d’origine et son pays d’accueil, généralement à des fins d’emploi.

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