L’UE ouvre sa première école européenne en dehors de ses frontières, en Géorgie

[Government of Georgia]

Des responsables européens et géorgiens ont lancé lundi 16 septembre une école européenne à Tbilissi, la première institution scolaire de ce type lancée au-delà des frontières de l’Union. Le projet vise tous les pays du Partenariat oriental.

Johannes Hahn, commissaire européen sortant chargé de l’élargissement, et Giorgi Gakharia, Premier ministre géorgien, ont inauguré une première école européenne à Tbilissi, près du lac Lisi. Elle s’adresse à tous les étudiants des pays du Partenariat oriental – Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, République de Moldavie et Ukraine.

A Tbilissi, Johannes Hahn a déclaré que l’école fonctionnerait à la géorgienne mais offrirait un « programme unique » inspiré des « valeurs européennes et internationales de multiculturalisme, de paix et de tolérance ».

Au début de l’été, la Géorgie a réaffirmé son objectif de devenir membre de l’UE, même s’il  ne s’agit pour l’instant que de « frapper à chaque porte », comme l’a souligné son président.

L’objectif de l’école sera « d’intégrer le système géorgien dans le système éducatif européen en alignant le programme scolaire géorgien sur les normes européennes », a déclaré le commissaire européen dans son discours inaugural.

« En tant que commissaire européen, ma priorité était d’aider les jeunes des pays proches de l’Union européenne en leur offrant davantage de possibilités, en développant leurs compétences et en favorisant leur emploi », a déclaré le Johannes Hahn.

Pour lui, la Géorgie est un partenaire clé de l’UE dans la région. Il a donc présenté l’école comme « un exemple de plus de l’engagement de la Géorgie envers l’idée européenne ».

« J’espère que le modèle que nous sommes en train de mettre en place sera reproduit dans d’autres parties de la Géorgie ainsi que dans les autres pays partenaires », a-t-il déclaré à Tbilissi.

L’école fait partie des 20 projets attendus pour 2020 adoptés dans le cadre de l’initiative de partenariat oriental de l’UE lors d’un sommet en novembre 2017. Ce projet fait partie d’un programme d’aide plus large de 340 millions d’euros en faveur de la jeunesse visant à renforcer le soutien aux jeunes et à l’éducation dans la région.

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Les intérêts stratégiques de l’Ukraine et de l’UE sont les mêmes, a assuré Jean-Claude Juncker lors du sommet marquant les dix ans du Partenariat oriental, à Bruxelles.

La première cohorte de 100 apprenants devrait arriver en 2023, remplissant les amphithéâtres du campus de 26 000 mètres carrés.

La Géorgie consacre jusqu’à 4 % de son PIB à l’éducation, soit plus que la plupart des pays d’Europe occidentale, et tente d’empêcher les jeunes Géorgiens d’émigrer à l’étranger.

Le Premier ministre géorgien Giorgi Gakharia a déclaré que l’école était « une nouvelle étape dans le système éducatif géorgien et pour les relations UE-Géorgie ».

« Les élèves de l’école porteront les valeurs qui renforceront notre pays et aideront la Géorgie à faire enfin partie intégrante de l’UE », a-t-il déclaré.

Suivi des régions occupées de la Géorgie

Johannes Hahn et Giorgi Gakharia ont également annoncé que la mission d’observation de l’UE se poursuivrait dans les territoires séparatistes de Géorgie, à Tskhinvali (Ossétie du Sud) et en Abkhazie.

La frontière est devenue conflictuelle depuis les tensions entre Tbilissi et Moscou au sujet des aspirations de la Géorgie à rejoindre l’UE et l’OTAN, après une guerre de cinq jours à l’été 2008, qui a fait des centaines de morts des deux côtés.

Après le conflit, qui s’est terminé par un cessez-le-feu négocié par la France, la Russie a reconnu l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie comme États indépendants et y a installé des bases militaires permanentes.

Tbilissi et ses partenaires occidentaux ont condamné l’occupation illégale de 20 % du territoire de la Géorgie.

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Les ministres des Affaires étrangères polonais, lituanien, letton et ukrainien ont participé aux commémorations de l’invasion russe de 2008 en Géorgie. Ils espèrent une adhésion rapide à l’OTAN.

« Nous avons souligné que la mise en œuvre des recommandations formulées par l’OSCE, en particulier pour les élections de 2020, garantira un environnement médiatique pluraliste et égalitaire et des élections transparentes », a déclaré M. Hahn à cette occasion.

« Pour nous, la Géorgie est un pays moteur en termes de développement, d’État de droit, et en particulier dans le cadre du partenariat oriental. Nous voulons que la Géorgie conserve ce statut », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre géorgien Mamuka Bakhtadze a annoncé sa démission le 2 septembre après un peu plus d’un an de service, affirmant que le pays ne devait pas être déchiré par des divisions politiques qui pourraient faire le jeu de la Russie.

Sa démission est survenue après la perte de popularité du parti au pouvoir, le Rêve géorgien, à la suite d’une dispersion brutale d’une manifestation anti-Kremlin à Tbilissi le 21 juin. Les élections législatives doivent avoir lieu en octobre de l’année prochaine.

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