Kosovo : la Serbie salue un triomphe diplomatique [FR]

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Hier 8 octobre, l’ONU a approuvé la demande de la Serbie de déférer la question de l’indépendance du Kosovo à la Cour internationale de justice (CIJ). Belgrade a salué cette décision, la qualifiant de grande victoire.

Lors de l’Assemblée générale, 77 Etat ont soutenu la demande de la Serbie, six ont voté contre, et 74 se sont abstenus. La tendance à l’abstentionnisme a été bien plus marquée que lors d’un précédent vote qui avait vu 120 Etat se prononcer en faveur de la résolution (EURACTIV 30/09/08). 

Le vote révèle l’équilibre délicat que de nombreux gouvernements tentent d’atteindre en soutenant le Kosovo sans pour autant mettre en danger leurs bonnes relations avec Belgrade. Les pays de l’UE des 27 se sont abstenus pour la plupart. De leur côté, Chypre, la Slovaquie, la Roumanie, la Grèce et l’Espagne, qui ont refusé de reconnaître l’indépendance du Kosovo, ont voté en faveur de la résolution.

Mardi, le Portugal est devenu le 22e Etat membre de l’UE – le 48e à l’échelle internationale – à reconnaître le Kosovo.

Parmi les voisins de la Serbie, la Bosnie, la Croatie et la Macédoine se sont abstenues alors que le Monténégro a voté pour. Cependant, la Macédoine et le Monténégro, qui n’ont pas encore reconnu le Kosovo, ont indiqué qu’ils allaient peut-être le faire bientôt. 

Les médias et les responsables politiques serbes ont salué le résultat du vote, le qualifiant de grande victoire. Le ministre serbe des Affaires étrangères Vuc Jeremi? a affirmé que cette décision servirait à réduire les tensions dans la région et à faciliter les efforts de réconciliation. M. Jeremi? a remercié les pays qui ont soutenu la Serbie, ajoutant qu’il espérait que la coopération par rapport au statut du Kosovo allait se poursuivre. 

L’UE craint un ralentissement du processus de reconnaissance du Kosovo

Même si aucun pays de l’UE n’a voté contre la résolution serbe, plusieurs ambassadeurs européens ont exprimé leur consternation par rapport à l’initiative, craignant que de nombreux Etats ne s’abstiennent de reconnaître le Kosovo et y suspendent leurs investissements. 

Ils ont également mis en garde la Serbie, qui pourrait voir cette initiative compliquer son adhésion à l’UE. Le représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l’ONU John Sawers, dont le pays est l’un des plus fervents partisans de l’adhésion de la Serbie, a regretté que le pays ait décidé de présenter sa résolution sans le moindre débat.

L’objectif de cette proposition est de ralentir le processus de reconnaissance du Kosovo et de priver le Kosovo de son droit à prendre part aux institutions internationales, a-t-il déclaré. De son côté, l’Assemblée générale de l’ONU a refusé une motion britannique qui cherchait à permettre aux autorités kosovares d’avoir leur mot à dire à la Cour internationale de justice (CIJ).

La CIJ pourrait avoir besoin de deux ans avant de se prononcer définitivement. Dans tous les cas, sa décision serait uniquement symbolique puisqu’elle ne peut donner que son opinion. Si la CIJ est souvent appelée en tant que médiatrice dans les disputes territoriales, il est rare que l’ONU lui demande de se prononcer juridiquement

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