L’Autriche sur le point d’extrader l’ancien premier ministre croate

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Une cour autrichienne a approuvé hier (9 mai) l'extradition de l'ancien premier ministre croate, Ivo Sanader vers son pays d'origine où il sera jugé pour corruption, a rapporté l'agence HINA.

Hans Rathgeb, le président du tribunal de Salzburg a approuvé cette décision, malgré les objections formulées par l'avocat de M. Sanader, selon lesquelles l'ancien premier ministre n'aurait pas droit à un procès équitable en Croatie.

M. Sanader a déclaré qu'il préfèrerait être jugé en Autriche, selon la presse.

La Cour d'appel de Linz en Autriche doit encore se prononcer sur la question avant que l'extradition puisse avoir lieu. D'ici là, M. Sanader restera en prison.

M. Sanader est en détention à Salzburg depuis le 10 décembre (voir « Background »). La justice croate l'accuse d'abus de pouvoir et le suspecte d'avoir détourné quelque 80 millions de kunas (10,8 millions d'euros) d'entreprises publiques et de ministères via l'entreprise privée Fimi Media.

Il est également accusé d'avoir reçu des pots-de-vin d'une valeur de 3,5 millions de kunas (474 5000 euros) pour avoir approuvé un prêt de la banque Hypo au gouvernement croate lorsqu'il était vice-ministre des affaires étrangères.

L'agence croate anti-corruption, l'USKOK, enquête également sur le rôle de M. Sanader dans des accords commerciaux illégaux conclus entre l'entreprise énergétique détenue par l'Etat HEP et Dioki, une société spécialisée dans la production de produits pétrochimiques et de plastiques.

Tout comme le propriétaire de Dioki, Robert Jezic, M. Sanader est suspecté d'avoir tenté d'obtenir 10 millions d'euros auprès de l'opérateur gazier public JANAF, selon la presse autrichienne.

L'Autriche a également lancé une enquête distincte sur des accusations de blanchiment d'argent qui visent l'ancien premier ministre.

Tout le monde en Croatie peut s'attendre à un procès équitable, y compris l'ancien premier ministre Ivo Sanader, a déclaré le président croate, Ivo Josipovic hier (9 mai), lorsqu'il a commenté la décision de la cour alors qu'il était en visite en Italie.

« Je suis sûr que tout le monde, y compris l'ancien premier ministre Sanader, peut avoir un procès équitable en Croatie », a-t-il dit, soulignant que le procès aurait lieu sous le contrôle de la population croate, mais aussi des autres pays.

Réactions

Contexte

L'ancien premier ministre croate, Ivo Sanader, a créé la surprise lorsqu'il a annoncé sa démission et son départ de la politique en juillet 2010.

Son retour fut tout aussi surprenant. Avant de revenir en Croatie le 3 octobre 2010, M. Sanader était chargé de cours à l'Harriman Institute de l'université de Columbia à New York.

De retour en Croatie, M. Sanader a demandé qu'on lui rende son siège au parlement. La première ministre Jadranka Kosor, qui lui a succédé en tant que leader du parti HDZ de centre-droit (Union démocratique croate), a déclaré que sa tentative de revenir à la politique était une démarche visant à renverser le gouvernement et à créer le chaos à un moment décisif pour l'adhésion du pays à l'UE.

La Croatie espère en effet clôturer ses négociations d'adhésion dans le cadre de l'actuelle présidence hongroise de l'UE.

Le 10 décembre 2010, M. Sanader fut arrêté en Autriche sur un mandat délivré par la Croatie. Il est accusé d'être impliqué dans des affaires de corruption. Depuis lors, il est maintenu en détention à Salzburg.

Prochaines étapes

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