L’élargissement de Schengen à l’Est devrait avoir peu d’impact en France [FR]

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L’agrandissement de l’espace Schengen pour intégrer les derniers membres d’Europe centrale et orientale n’ont pas ravivé les craintes d’un nouvel afflux de « plombier polonais » en France, comme le rapporte EURACTIV France.

L’espace Schengen de circulation sans passeport dans le territoire européen soit être élargi le 21 décembre pour inclure les pays d’Europe centrale et orientale ayant rejoint l’UE en 2004. La première phase supprime formellement les contrôles aux frontières terrestre et maritime entre les 15 premiers Etats membres et les nouveaux pays, même si les contrôles aux aéroports ne seront pas levés avant le 30 mars 2008.

Mais la suppression des contrôles aux frontières entre les nouveaux et les anciens membres de la zone devrait avoir peu d’impact en France, selon les experts.
L’accord actuellement en vigueur a été signé en 1985 et a supprimé les contrôles aux frontières entre 13 Etats membres européens (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal et Suède) ainsi que la Norvège et Islande.

L’agrandissement à l’Est de l’espace sans frontière a ravivé les craintes qu’un nouvel afflux d’étrangers, similaire à celui qui a suivi l’élargissement de l’Union, aura des répercussions sur la criminalité et le terrorisme. En France, fin septembre, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, estimait que « la suppression des frontières intérieures en Europe [était] un avantage pour nos concitoyens européens, mais [constituait] en même temps une multiplication d’un certain nombre de risques ».

Mais Susanne Nies, chercheur à l’IFRI (Institut français des relations internationales), a déclaré à EURACTIV France que ces risques sont plus présents en Allemagne ou en Autriche. Selon elle, en France, « il n’y a pas lieu d’avoir peur » étant donné que le renforcement des contrôles aux frontières de l’espace Schengen signifie que cet élargissement ne touchera pas la France de manière négative.

Mme Nie a souligné que le principal objectif de l’espace Schengen est de faciliter la libre circulation des personnes entre ses membres plutôt que des travailleurs, qui dépendent des politiques du marché du travail des Etats membres.

En intégrant l’espace Schengen, les nouveaux membres introduiront également la toute dernière version du Système d’Information Schengen, aussi appelé « SIS II », considéré à l’origine comme une condition à leur intégration dans la zone. Ce système aurait dû est opérationnel début 2007, mais des difficultés techniques ont reporté sa mise en œuvre, désormais prévue pour la fin 2008. 

Mme Nies estime que l’élargissement de l’espace Schengen aura peu d’impact en France. En effet, elle assure que les flux migratoires changent et souligne l’évolution des Etats membres d’Europe centrale et orientale « d’Etat d’émigration à Etat d’immigration ».

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