L’Islande doit trancher sur l’adhésion à l’UE

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José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a indiqué au nouveau premier ministre eurosceptique islandais, Sigmundur Gunnlaugsson, que l’Islande devrait décider « sans plus tarder » de poursuivre ou non les négociations d’adhésion à l’UE.

« Nous attendons des éclaircissements sur la validité de la demande d'adhésion de l'Islande à l'issue de l'évaluation parlementaire sur la question à l'automne », a indiqué M. Barroso à M. Gunnlaugsson. Le premier ministre islandais a choisi Bruxelles pour son premier déplacement à l’étranger depuis son entrée en fonction le 23 mai.

 

Sigmundur Gunnlaugsson, 38 ans, est le plus jeune chef de gouvernement démocratiquement élu en Europe. Depuis 2009, il est à la tête du parti libéral et de centre-droit affilié à l'Internationale libérale, le Parti progressiste.

 

Principalement soutenu par les agriculteurs et les pêcheurs, le parti s'oppose à l'adhésion à l'UE et a formé une coalition avec le Parti de l'indépendance (voir « Contexte »).

 

José Manuel Barroso a expliqué que la Commission respectait la décision du gouvernement islandais concernant le processus d'adhésion. En mai, le nouveau gouvernement a annoncé qu'il interrompait les négociations dans l'attente d'un référendum sur la question organisé d'ici quatre ans.

 

L'heure tourne

 

« Il est dans l'intérêt de l'UE et de l'Islande que la décision soit dûment réfléchie et prise de manière objective et sereine », a affirmé le président de la Commission.

 

L'Union souhaite toutefois que l'Islande se décide rapidement.

 

« L'heure tourne. Il est dans notre intérêt commun de prendre une décision sans plus tarder. Nous espérons que ce débat en Islande nous donnera des indications claires sur la voie à suivre », a déclaré M. Barroso.

 

Il a mis en évidence la validité de « la décision unanime des États membres » de lancer les négociations. Depuis que l'UE a ouvert les négociations avec l'Islande en juillet 2010, la Croatie a rejoint l'UE.

 

« Aujourd'hui, mon message est clair. Si l'Islande le souhaite, nous nous engageons à poursuivre le processus d'adhésion qui, j'en suis certain, abordera les particularités du pays », a expliqué M. Barroso, en faisant référence au chapitre difficile sur la pêche.

 

Le premier ministre islandais a déclaré que la réponse de M. Barroso à propos des « évolutions dans l'UE [était] très instructive ». À l'issue d'un débat au Parlement islandais à l'automne, il serait possible de déterminer l'avancement de la procédure, a-t-il ajouté. « La décision sur la date du référendum n’a pas encore été prise », a expliqué le chef du gouvernement islandais.

 

La commissaire européenne en charge de la pêche, Maria Damanaki, a menacé d'imposer des sanctions à l'Islande en raison de la surpêche du maquereau. M. Gunnlaugsson espère que l'UE se conformera aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et qu'une « solution négociée » sera présentée.

 

L'Islande a récemment relevé ses quotas de pêche au maquereau, car les poissons auraient commencé à migrer vers le Nord en raison du réchauffement des mers.

 

L’Islande veut enseigner ses bonnes pratiques

 

Le premier ministre islandais a précisé que son pays assurait une pêche durable et qu'il pouvait enseigner ses bonnes pratiques à l'UE. 

 

« Nous aimerions aider l'Union européenne afin qu'elle obtienne des résultats semblables, en ce qui concerne les réserves de poisson. Si l'UE préserve ses réserves comme nous le faisons, la valeur de la pêche européenne grimperait énormément. »

 

José Manuel Barroso a rétorqué que la pêche au maquereau inquiétait sérieusement tous les États côtiers et que les réserves étaient maintenant en danger.

 

« Nous voulons un accord négocié et nous ne pouvons donc pas soutenir des actions unilatérales de nos pays partenaires », a-t-il précisé.

 

M. Gunnlaugsson a voulu avoir le dernier mot et a déclaré que si les deux parties avaient recours à des avis scientifiques, une solution pourrait être trouvée.

L'Islande a été sévèrement touchée par le ralentissement économique qui a suivi la crise financière et mondiale de 2008. Au cours de l'été 2009, le Parlement islandais a soutenu le projet du nouveau gouvernement visant à entamer les négociations d'adhésion avec l'Union européenne. Un an plus tard, le pays a entamé les négociations.

 

À l'approche des élections en janvier 2013, le gouvernement a décidé de suspendre la négociation des chapitres « difficiles » relatifs à la pêche, l'agriculture, le droit d'établissement et de services ainsi qu'à la libre circulation des capitaux.

 

Le vote était favorable au Parti de l'indépendance, qui a participé à tous les gouvernements entre 1980 et 2009, et au Parti progressiste, son principal concurrent et partenaire dans les coalitions précédentes. Les deux partis s'opposent à l'adhésion de l'Islande à l'UE ou à l'euro.

 

Avant d'être premier ministre, Sigmundur Gunnlaugsson, chef de file du Parti progressiste, avait indiqué que son gouvernement entendait interrompre les négociations d'adhésion dans l'attente d'un référendum sur les relations entre l'Islande et l'UE.

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