L’UE est prête à entamer les négociations de partenariat avec la Russie [FR]

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Après avoir convenu de la formulation du mandat au cours de leur rencontre informelle à Brdo, les 28-29 mars, les ministres européens des Affaires étrangères ont déclaré qu’ils se préparaient à entamer les négociations avec la Russie sur un nouvel accord de partenariat et de coopération (APC) lors de leur réunion le 28 avril.

« Même si je ne m’attendais pas à un changement radical de la politique, je pense qu’il y a une opportunité et que nous devons profiter de cette opportunité pour ouvrir un nouveau chapitre dans notre partenariat avec la Russie », a déclaré la commissaire européenne chargée des Relations extérieures et de la politique de voisinage Benita Ferrero-Waldner après la réunion.

Elle a exprimé le souhait de mettre en avant un vrai partenariat fondé sur un pied d’égalité avec un champ d’application très large dont la sécurité et l’approvisionnement énergétiques seraient en haut de la liste des priorités, mais couvrant également les questions de l’immigration, du commerce et de la sécurité.

Le ministre  britannique des Affaires étrangères, David Milliband, a considéré que « c’est le moment de trouver le bon ton dans l’attitude de l’UE vis-à-vis de la Russie » en soulignant que la position de l’UE a progressé : alors qu’elle se demandait si elle devait ou non envisager une relation stratégique avec la Russie, elle réfléchit désormais à la nature de cette relation stratégique.

Malgré cet accord sur les principes généraux du mandat, la Lituanie reste sceptique face au document qui a suivi à la décision de Moscou de fermer le gazoduc de Druzhba qui approvisionnait la raffinerie lituanienne de Mazeikiai en pétrole russe.

La ministre lituanienne des Affaires étrangères, Petras Vaitiekunas, a exigé à ce que le mandat définitif exige de la Russie de rouvrir le gazoduc et de relancer l’approvisionnement en pétrole de la raffinerie de Mazeikiai. Elle a néanmoins ajouté que la Lituanie ne bloquerai pas l’ouverture des négociations.

Selon Mme Ferrero-Waldner, cette question ne constitue plus un obstacle mais plutôt un problème technique.

Le ministre polonais chargé des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, dont le pays a bloqué l’ouverture de négociations tant que la Russie n’avait pas levé son embargo sur la viande polonaise, a assuré que les termes du mandat définitif ferait écho aux préoccupations de la Lituanie (EURACTIV 21/12/07). 

M. Sami Andoura de l’Institut Royal des Relations Internationales, Egmont, a déclaré que cet accord était une très bonne base de départ pour progresser. Cela montre que l’UE a adopté une approche plus pragmatique dans ses relations avec la Russie.

Les négociations au sujet du nouveau APC sont devenues nécessaires puisque l’actuel APC, en vigueur le 1er décembre 1997, avait été signé pour une période initiale de 10 ans. L’accord devrait être renouvelé automatiquement sur une base annuelle à moins qu’une des parties ne se retire de l’accord.

Selon l’AFP, M. Milliband et son homologue français, Bernard Kouchner, avaient adressé une lettre aux autres ministres européens, les pressant d’adopter une position unie pour mener les négociations avec Moscou afin d’ouvrir rapidement les discussions au sujet d’un nouveau APC.

La lettre donne également foi au nouveau président russe, Dmitri Medvedev qui prendrait ses fonctions en mai prenant la suite de Vladimir Poutine. Elle a également salué son soutien à la promotion de la règle de droit en Russie. Cependant, elle a affirmé que l’UE devrait juger la Russie sur ses actes et non sur ses paroles.

M. Medvedev présidera le sommet Russie-UE pour la première fois en Sibérie le 26-27 juin prochain.

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