Les dirigeants européens ont émis un message virulent à destination de la Bosnie et Herzégovine. Ils estiment en effet que les conflits constants entre les nationalistes serbes, musulmans et croates détournent le pays des aspirations de ces citoyens, qui souhaitent un rapprochement avec l’Union
S’adressant au Parlement européen hier 22 octobre, le secrétaire d’Etat français responsable des Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet a fait part de sa déception quant au cap pris par le pays depuis la signature de l’accord de stabilisation et d’association (ASA) en juin dernier. L’ASA était alors considéré comme une étape clé en vue d’une future adhésion à l’UE (EURACTIV 18/06/08) Les progrès dans ce sens semblaient être sur le bon chemin. La Commission avait d’ailleurs ouvert le dialogue avec Sarajevo afin de lever les barrières aux déplacements sans visa dans un futur proche. Mais les élections locales d’octobre dernier ont marqué une brusque montée du nationalisme (EURACTIV 06/10/08) ainsi qu’un retour aux divisons de la dernière décennie, suscitant l’inquiétude de l’Union.
Je ne veux pas entendre parler de divisions entre les représentants politiques, a affirmé M. Jouyet, signalant que 80 % de l’opinion publique de Bosnie comptaient sur des progrès en vue de l’adhésion à l’UE. M. Jouyet s’est demandé ce que les représentants politiques du pays attendaient avant de répondre au vœu légitime du peuple bosniaque.
Le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn a déclaré que depuis la signature de l’ASA, le pays a assisté à l’effondrement du consensus national et à l’interruption de la réforme, notamment dans des domaines essentiels tels que la construction de l’Etat et des institutions.
Selon le commissaire, le discours nationaliste lors des élections locales d’octobre est un des éléments qui ont détérioré la situation, mais le problème politique du pays est bien plus profond. Au nombre des éléments qui nuisent aux perspectives européennes de la Bosnie, Olli Rehn a notamment cité le manque de perspectives communes entre les dirigeants du pays ainsi que l’absence de consensus sur les réformes de l’UE. Il a en outre regretté les divergences patentes sur la plupart des questions politiques ainsi que l’absence de sens de l’urgence ou des responsabilités afin de venir à bout de l’impasse politique.
Des eurodéputés ont également fait part de leur inquiétude par rapport à l’évolution de la situation en Bosnie et Herzégovine. L’eurodéputé libéral néerlandais Jules Maaten a déclaré à l’auditoire que lors de sa récente visite en Bosnie, les dirigeants du pays estimaient que tous les problèmes provenaient de l’extérieur et ils s’attendaient dès lors à ce que toutes les solutions viennent de l’extérieur également.
Certaines sources ont confié à EURACTIV que le dernier rapport intérimaire de la Commission sur la Bosnie et Herzégovine, prévu pour le 5 novembre, devrait être particulièrement critique à l’égard du pays.

