Hier 20 octobre, le commissaire européen à l’Elargissement Olli Rehn a déclaré que l’Islande pourrait rejoindre l’UE « rapidement » si elle décidait de poser sa candidature à l’adhésion. En effet, le pays réexamine actuellement la question de son adhésion à la lumière de la crise financière actuelle, qui l’a mené au bord de la faillite.
« L’Islande est clairement un pays européen démocratique » qui a déjà négocié environ deux tiers des critères nécessaires pour rejoindre l’Union des 27 nations, a déclaré M. Rehn à l’AFP.
« Cela veut dire que si l’Islande posait sa candidature, nous pourrions faire les négociations rapidement », a-t-il indiqué.
L’Islande était un des premiers membres de l’Association européenne de libre-échange (AELE) et depuis l’Accord sur l’Espace économique européen (EEE) de 1994, elle applique la plupart des législations commerciales de l’Union, à l’exception notable des politiques en matière de pêche et d’agriculture. L’EEE permet en outre à l’Islande de participer – quoique sans droit de vote – à un certain nombre d’agences et de programmes européens couvrant les domaines de l’entreprise, de l’environnement, de l’éducation et de la recherche.
Par ailleurs, l’Islande est également membre associé de l’espace Schengen, qui permet de voyager sans passeport dans la plupart des pays de l’UE ainsi qu’en Norvège.
Toutefois, une adhésion complète à l’UE n’avait jamais été évoquée avant la crise financière internationale qui a entraîné la faillite des principales banques du pays en début de mois. Celles-ci attendent une opération de renflouement de 6 milliards de dollars qui devrait être annoncée aujourd’hui par le FMI, la Russie et plusieurs pays nordiques.
La semaine dernière, le ministre de la Pêche Einar Gudfinnsson a affirmé qu’il était temps de repenser la relation du pays avec l’Union, qui est considérée comme un point d’ancrage relativement sûr en période de crise.
Tout le monde sait que je suis opposé à l’adhésion à l’UE, a-t-il indiqué, tout en reconnaissant qu’il s’agissait désormais de considérer ces questions sous un nouveau jour.
Selon un sondage publié samedi 18 octobre dans le quotidien islandais Frettabladid, 70 % des Islandais veulent un référendum sur l’adhésion à l’UE. 49 % se disent favorables à rejoindre l’Union ; 27 % indiquent qu’ils voteraient contre l’adhésion.
Le gouvernement bipartite est divisé sur la question, le Parti de l’indépendance de M. Gudfinnsson étant dans une large mesure opposé à l’adhésion alors que les sociaux-démocrates la soutiennent officiellement.

