L’UE soutient l’intégration européenne dans les Balkans occidentaux [FR]

Au cours de sa première visite officielle dans six villes capitales des Balkans occidentaux, le président de la Commission, José Manuel Barroso, encouragera des progrès plus rapides sur la voie de l’intégration européenne grâce à un nouvel accord de libre échange.

Les deux personnalités de la Commission suivront le programme suivant et traiteront des questions suivantes (entre autres) :

Zagreb, Croatie (15 et 16 février) : la Croatie négocie son adhésion à l’UE depuis octobre 2005. En raison du succès du processus d’examen jusqu’à présent, la Commission a récemment recommandé au Conseil de lancer les négociations d’adhésion avec Zaghreb dans le domaine de la science et de la recherche. Avant son départ de la région, le commissaire Rehn a déclaré qu’il était important pour la Croatie de continuer sa coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. 

Un objectif de cette visite est de promouvoir la proposition de la Commission d’un nouvel espace commun d’échanges dans la région. Zaghreb a tout d’abord réagi en déclarant son intention de s’en tenir à l’accord de libre échange centre-européen (ALECE) et de l’étendre. La proposition d’accord de libre échange sud-européen remplacerait l’ALECE, qui comprend la Bulgarie, la Croatie et la Roumanie. Sofia et Bucarest ne feront plus partie de l’ALECE après leur adhésion à l’UE. Entre-temps, la Macédoine est sur le point d’adhérer à l’ALECE et l’Ukraine devrait la suivre. « Nous devons encore déterminer si [la coopération régionale au niveau du commerce] doit reposer sur l’ALECE ou autre chose. Je pense que l’ALECE est une éventualité que nous envisageons sérieusement, » a indiqué Olli Rehn.

Belgrade, Serbie-et-Monténégro (16 février) : la Serbie-et-Monténégro a lancé ses négociations sur un accord de stabilisation et d’association avec l’UE en novembre 2005, mais ces dernières risquent d’être suspendues en raison de l’absence de coopération des autorités serbes avec le TIPY. 

Olli Rehn a indiqué que Carla Del Ponte lui avait fait part de son mécontentement quant à la coopération de la Serbie-et-Monténégro avec le tribunal de la Haye. Selon Mme Del Ponte, Belgrade ne répond pas aux demandes du tribunal et doit encore arrêter Ratko Mladic. Olli Rehn a indiqué que l’UE souhaitait que la Serbie-et-Monténégro signe l’accord de stabilisation et d’association avec l’UE avant la fin de l’année, peu importe le résultat du référendum sur l’indépendance du Monténégro, prévu en avril. De récents sondages indiquent qu’un peu plus de 40% des Monténégrins veulent l’indépendance de leur région, tandis que 32% s’y opposent. La Serbie, ainsi que l’UE, sont contre l’indépendance de la province.  

Olli Rehn a récemment déclaré que « la Serbie devait choisir entre la perspective européenne et son passé nationaliste ». Selon des représentants serbes, leur pays a pour objectif de devenir un membre à part entière de l’UE en 2012.

Concernant la proposition de la Commission d’un accord de libre échange, la Serbie a salué cette initiative mais a indiqué qu’elle était trop limitée. « Le libre échange est un impératif, mais n’est pas suffisant », a déclaré le premier ministre serbe adjoint, Miroljub Labus, dans un entretien accordé à la revue ‘Transitions Online’. « Nous avons besoin d’investissements et cette proposition parle guère d’une politique d’investissement. »

Pristina, Kosovo (17 février) : Faisant toujours, d’un point de vue juridique, partie de la Serbie, le Kosovo est prêt à ouvrir des négociations directes avec Belgrade le 20 février 2006. Les rencontres à Vienne seront modérées par l’envoyé des Nations Unies Martti Ahtissari. Les dirigeants kosovars feront pression pour obtenir l’indépendance de leur province, tandis que les négociateurs serbes feront fortement obstacle à ce projet. Les dirigeants albanais du Kosovo doivent avoir une « approche réaliste » au cours des négociations, a indiqué M. Rehn.

Skopje, ARYM (17 février) : en décembre 2005, l’ARYM (Macédoine) a obtenu le statut de pays candidat à l’adhésion de l’UE. Cependant, Skopje devra attendre jusqu’à fin 2006 pour savoir si les négociations d’adhésion peuvent commencer et si oui, à quelle date. Selon des fonctionnaires européens, l’ouverture des négociations dépend du niveau de réformes de l’ARYM. 

Selon Olli Rehn, l’ARYM n’est « pas encore prête à commencer des négociations d’adhésion. La Commission n’a pas l’intention de recommander l’ouverture des négociations avant que le pays ne soit prêt. Nous évaluerons régulièrement la situation et recommanderont l’ouverture des négociations lorsqu’un niveau suffisant de conformité aux critères de Copenhague sera atteint ». 

Tirana, Albanie (18 février) : L’Albanie est sur le point de finaliser un accord de stabilisation et d’association avec l’UE. Le processus de négociation de trois ans s’est terminé début février et le document doit désormais être approuvé par les 25 Etats membres de l’UE. La cérémonie de signature est prévue pour le milieu de l’année 2006.

Sarajevo, Bosnie-Herzégovine (18 février) : la Bosnie-Herzégovine a commencé des négociations sur son accord de stabilisation et d’association en novembre 2005. Officiellement, les négociations se passent bien et pourraient, au niveau actuel de coopération, se terminer d’ici fin 2006.

Le président de la Commission, Jose Manuel Barroso, et le commissaire à l'élargissement, Olli Rehn, se rendront dans les Balkans occidentaux au cours des prochains jours pour encourager les états de cette région à continuer à oeuvrer pour leur intégration européenne. Entre le 15 et le 18 février 2006, ils se rendront en Croatie, en Serbie-et-Monténégro (y compris au Kosovo), dans l'ancienne république yougoslave de Macédoine (ARYM), en Albanie et en Bosnie-Herzégovine. 

Lors du sommet de Thessalonique en 2003, les Etats membres de l'UE ont indiqué que les états des Balkans occidentaux ont une perspective européenne claire. En 2005-2006, l'UE offre une aide de près de 5 milliards d'euros à la région.

Fin janvier 2006, la Commission a présenté une série de mesures visant à promouvoir le développement économique et la coopération dans les Balkans occidentaux. Parmi ces mesures figurent la facilitation des conditions d'octroi des visas, la promotion du dialogue entre la société civile et l'UE, l'introduction de nouveaux systèmes scolaires et la création d'une nouvelle école régionale pour l'administration publique. 

La principale proposition de ce paquet de mesures prévoit la conclusion d'un accord régional de libre échange entre la Serbie-et-Monténégro (dont le Kosovo), la Bosnie-Herzégovine, l'Albanie, la Croatie et l'ARYM. Cet accord remplacerait le réseau actuel de 31 accords commerciaux différents (voir EURACTIV 30 janvier 2006).

  • Les ministres des affaires étrangères doivent tenir une réunion informelle à Salzbourg les 10 et 11 mars 2006.

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