La Bosnie se rapproche de l’adhésion à l’UE [FR]

La Bosnie et Herzégovine a franchi une nouvelle étape vers un avenir européen avec la signature d’un accord de stabilisation et d’association (ASA), qui devrait renforcer ses liens avec l’UE et accorder des avantages commerciaux à cet Etat des Balkans occidentaux.

Mardi 4 décembre, lors d’un événement à Sarajevo, le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn a déclaré que l’accord signé apportait des avantages concrets à Sarajevo. Il a ajouté que l’ASA était la voie menant au statut de pays candidat, à condition que l’accord soit correctement mis en œuvre.

L’accord a été conclu suite à une négociation politique sur la réforme de la police. Les forces de police dans ce pays des Balkans occidentaux sont divisées en fonction des ethnies dans deux régions de Bosnie, la fédération musulmano-croate et les Serbes en Republika Srpska.

La mise en oeuvre de la réforme de la police est également une condition préalable à la signature définitive de l’ASA, prévue pour la mi-2008.

Le représentant spécial de l’UE en Bosnie, Miroslav Ljcak, a déclaré que la signature pouvait s’apparenter à un détail technique, mais qu’elle revêtait une importance symbolique, après des mois de paralysie politique. Avec la signature de l’ASA, l’UE espère également améliorer la stabilité de la région, dans un contexte d’incertitude suite à l’échec des négociations sur le futur statut du Kosovo.

Mardi, Carla Del Ponte, procureur du Tribunal pénal international, a appelé l’UE à ne pas signer l’ASA avec la Serbie, à moins que les personnes inculpées de crimes de guerre, notamment Ratko Mladic, soient livrées à La Haye. Mme Del Ponte a déclaré qu’il était très important que l’UE aide le TPI a obtenir une coopération complète du pays. L’Union avait déjà commencé le processus de paraphage de l’ASA avec la Serbie le 7 novembre 2007.

Mme Del Ponte doit remettre à l’ONU un rapport sur la coopération de la Serbie avec le Tribunal pénal international le 10 décembre, le jour même où  la troïka internationale, menant les négociations entre la Serbie et le Kosovo concernant le futur statut de ce dernier, doit rendre son rapport aux Nations unies. 

L’UE reste divisée sur l’éventuelle reconnaissance d’une déclaration unilatérale d’indépendance par le Kosovo, question difficile après l’échec des négociations finales entre les parties. La question du Kosovo figurera en bonne place parmi les priorités de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères la semaine prochaine, mais les diplomates ne s’attendent pas pour autant à des progrès décisifs dans un avenir proche.

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