La Commission assouplit encore la proposition d’Union méditerranéenne [FR]

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Il ne reste plus grand chose des plans ambitieux de la France pour une « Union pour la Méditerranée » alors que la Commission présentait hier ses proposition sur l’initiative, apaisant les craintes que cette union ne soit un club fermé ligué contre la Turquie.

La nouvelle initiative, intitulée « le processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée », serait gérée par une coprésidence tournante comprenant un pays membre de l’UE et un pays partenaire de la Méditerranée, portant ainsi un coup aux ambitions de M. Sarkozy. Il espérait que la France pourrait continuer à exercer ce mandat au-delà de sa propre présidence de l’UE qui débute en juillet prochain.

Contrairement à la précédente proposition française, l’ensemble des 27 pays de l’UE seront éligibles à la co-présidence dans le cadre des projets de la Commission.

Mme Benita Ferrero-Waldner, la commissaire européenne aux Relations extérieures, a déclaré que l’Union européenne est composé de 27 pays et qu’il est évident que d’autres parmi eux sont également intéressés. Elle a ajouté que ce projet peut être formidable si chacun y prend part et se sent impliqué.

L’exécutif européen a minimisé l’objectif central du projet, en affirmant qu’il s’agira simplement d’améliorer le processus de Barcelone.

Selon Mme Ferrero-Waldner, l’idée d’une fusion est privilégiée car c’est le seul moyen de garantir le succès de l’Union pour la Méditerranée.

A l’origine, M. Sarkozy avait envisagé l’ « Union méditerranéenne » comme un club fermé, composé uniquement des pays européens de la zone méditerranéenne et leurs voisins, et non l’UE dans son ensemble.

Cette proposition a été fortement critiquée par l’Allemagne, qui craignait que le projet puisse diviser l’UE en deux, la nouvelle union rivalisant avec l’UE elle-même. Finalement, M. Sarkozy a été forcé de faire machine arrière et a accepté que les 27 Etats membres de l’UE participent au projet (EURACTIV 05/03/08).

La France a également été confrontée à une forte opposition de la part de la Turquie étant donné que M. Sarkozy avait déclaré que rejoindre cette union pourrait mieux servir les intérêts de la Turquie que suivre la voie de l’adhésion à l’UE.

La Commission a bien fait comprendre que ce projet n’est pas dirigé contre la Turquie et ne vise pas à s’éloigner de l’objectif des pourparlers d’adhésion de la Turquie à l’UE.

La Turquie avait fait savoir que sa participation à la cérémonie d’inauguration de l’Union entre l’UE et la Méditerranée en juillet prochain à Paris dépendait de cette garantie. Mme Ferrero-Waldner a déclaré qu’elle était désormais confiante concernant la participation d’Ankara.
La nouvelle initiative est censée être axée sur les projets, les principaux domaines étant la sécurité énergétique, l’environnement, la protection civile et les transports, a déclaré la commissaire.

Les projets potentiels seront l’ouverture d’autoroutes de la mer, la dépollution de la Méditerranée, l’amélioration de la sécurité maritime et l’exploitation de l’énergie solaire dans le Nord de l’Afrique afin d’aider à répondre aux besoins énergétiques de la région, a souligné Mme Ferrero-Waldner.

Malgré le contraste radical entre les propositions de la Commission et l’approche de Paris, l’Elysée a salué le travail effectué par l’organe exécutif de l’UE. Les dirigeants européens doivent encore débattre des projets et adopter une version finale lors du sommet à Bruxelles le 19 et 20 juin prochains.

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