La Commission exige davantage de réformes de la part de la Roumanie

Selon le Financial Times, la Commission entend
suspendre les négociations d’adhésion avec la Roumanie tant
que Bucarest n’aura pas mis en oeuvre des réformes
profondes en matière d’aides d’Etat. 

La candidature de la Roumanie à l’entrée dans l’Union passe un
test décisif en ce mois de décembre : alors que le pays doit encore
clôre deux chapitres de négociations avant la fin de l’année (faute
de quoi la date de son entrée dans l’UE pourrait se retrouver
repoussée dans le temps), la Commission apparaît de son côté
résolue à suspendre les négociations d’adhésion officielles avec
les autorités roumaines tant que celles-ci n’auront pas accéléré le
rythme des réformes en cours.

Selon le Financial Times, la Commission estime que
la Roumanie a fourni des engagements insuffisants en matière de
réforme de son système d’aides d’Etat (en particulier vis-à-vis du
secteur sidérurgique), se montrant dans le même temps incapable de
faire reculer la corruption et de réduire le caractère autoritaire
du pouvoir. Les deux chapitres encore ouverts sont ceux de la
concurrence et de la justice et des affaires intérieures.

A l’appui de ces informations, le quotidien britannique cite des
propos du Commissaire à l’élargissement Olli Rehn, selon lesquels
le calendrier d’adhésion de la Roumanie ne doit pas se voir
accorder la priorité par rapport à la réalité des progrès accomplis
sur le terrain. Selon le FT, la position du Commissaire finlandais
bénéficie du soutien du président de la Commission, José Manuel
Barroso, ainsi que de la Commissaire à la concurrence Neelie
Kroes.

Il est cependant assez peu probable que l’avis de la Commission
soit pris en compte par les Etats membres, ceux-ci étant
parfaitement libres, lors du Conseil européen du 17 décembre, de
refuser tout ralentissement du processus d’adhésion de la Roumanie.
Selon le Financial Times, plusieurs Etats estiment qu’un
report pourrait s’avérer contre-productif, tout en demeurant
ouverts à un possible compromis. Aux termes de celui-ci, l’UE
accepterait de clôre les négociations avec Bucarest à la fin de
cette année, mais soumettrait la signature du traité d’adhésion à
la mise en oeuvre par les autorités roumaines de réformes
substantielles en matière d’aides d’Etat.

La Roumanie s’estime toujours bien placée pour clôre les deux
chapitres encore ouverts avant la fin du mois de décembre. Bucarest
affirme que le processus d’adhésion pourra se poursuivre selon
le calendrier prévu. 

La Commission a par ailleurs indiqué qu’elle suivrait
attentivement le déroulement du deuxième tour des élections
présidentielles roumaines, le dimanche 12 décembre, à la lumière
des accusations de fraude lancées par l’opposition à l’issue du 1er
tour du scrutin.

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