La Commission recommande l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Bosnie

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Ursula von der Leyen a annoncé mardi (12 mars) que la Commission recommanderait aux États membres de donner leur feu vert à l’ouverture des négociations d’adhésion formelles avec la Bosnie. [EPA-EFE/FEHIM DEMIR]

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé, ce mardi (12 mars) en plénière du Parlement européen à Strasbourg, que l’exécutif allait recommander au Conseil l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE avec la Bosnie-Herzégovine.

L’UE a accordé le statut de candidat à l’ahdésion à l’UE à la Bosnie-Herzégovine en décembre 2022. Le pays des Balkans occidentaux est resté candidat potentiel à l’adhésion à l’UE pendant 19 ans, soit depuis 2003, et a fait sa demande officielle en février 2016.

En décembre dernier, les dirigeants de l’UE avaient déclaré qu’ils « ouvriraient les négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine une fois que le niveau de conformité nécessaire avec les critères d’adhésion aura été atteint ».

À l’époque, ils avaient invité la Commission européenne « faire rapport des progrès accomplis [par la Bosnie] au Conseil au plus tard en mars 2024, en vue de prendre une décision ».

Ursula von der Leyen a annoncé mardi que la Commission recommanderait aux États membres de donner leur feu vert à l’ouverture des négociations d’adhésion formelles avec la Bosnie.

« Bien sûr, des progrès supplémentaires sont nécessaires pour rejoindre notre Union. Toutefois, le pays démontre qu’il peut satisfaire aux critères d’adhésion et répondre à l’aspiration de ses citoyens à faire partie de notre famille », a affirmé Mme von der Leyen devant les eurodéputés Strasbourg.

La Bosnie-Herzégovine se joindra à ses voisins, la Serbie, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, l’Ukraine et la Moldavie, qui en sont tous à des stades différents de leur candidature à l’adhésion. Le Kosovo a pour sa part déposé une demande d’adhésion à l’UE en décembre 2022, mais peu de progrès ont été réalisés jusqu’à présent.

L’Ukraine et la Moldavie devraient quant à elles se voir présenter des cadres de négociation d’ici à la mi-mars.

La guerre en Ukraine a véritablement relancé le processus d’élargissement de l’UE, et notamment l’élargissement aux Balkans occidentaux — la Russie étant encore influente dans certains pays de la région.

Une décision surprenante

La décision de mardi constitue une victoire majeure pour la Bosnie-Herzégovine, un pays fragile composé de deux entités, la Republika Srpska (république serbe de Bosnie) et une fédération croato-musulmane, unies par un gouvernement central faible à Sarajevo.

La décision d’accorder à la Bosnie le statut de candidat à l’adhésion reste néanmoins une surprise pour certains, car le dernier rapport de la Commission sur l’élargissement de l’UE ne faisait état que de progrès limités, notamment en matière de réformes électorales.

Par ailleurs, le dirigeant de la république serbe de Bosnie, Milorad Dodik, qui considère le président russe Vladimir Poutine comme un allié, menace depuis longtemps de séparer la république serbe du reste du pays et s’oppose à l’idée d’adhérer à l’OTAN.

Pour certains pays de l’UE, dont l’Autriche, la Croatie, la Hongrie et la Slovénie, les progrès réalisés par l’Ukraine et la Moldavie en matière d’adhésion doivent aller de pair avec les progrès réalisés par les pays des Balkans occidentaux, y compris la Bosnie.

Le soutien des Balkans occidentaux est essentiel pour l’Ukraine, selon le Premier ministre albanais

Les Balkans occidentaux sont prêts à contribuer à la lutte contre la Russie malgré les « excuses » et les « contraintes » européennes et occidentales en matière d’aide, et les États membres de l’UE ont besoin de cette région pour leur sécurité, selon le Premier ministre albanais Edi Rama.

L’ouverture des négociations d’adhésion avec le pays doit encore être approuvée à l’unanimité par les États membres de l’UE.

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union devraient discuter de la recommandation en faveur de la Bosnie lors d’un sommet qui se tiendra à Bruxelles la semaine prochaine (21-22 mars).

Toutefois, certains États membres, dont l’Allemagne et la France, préféreraient que le sommet ne soit pas axé sur l’élargissement et qu’aucune décision ne soit prise à ce sujet avant les élections européennes de juin.

Le prochain rapport annuel sur le statut de tous les pays candidats devrait être publié à la fin du mois d’octobre de cette année. Actuellement, neufs pays sont officiellement candidats : la Bosnie, l’Ukraine, l’Albanie, la Géorgie, la Moldavie, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Serbie et la Turquie.

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La Bosnie pourrait entamer en mars ses négociations d’adhésion avec l’UE mais le Haut représentant international dans le pays met en garde contre la proximité d’une partie de la classe politique du pays avec Vladimir Poutine.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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