La destinée européenne de la Serbie devient une question de vie ou de mort [FR]

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A la veille des élections législatives capitales (11 mai), la question de la future adhésion de la Serbie à l’UE est devenue une question d’importance vitale dans la mesure où le président Boris Tadic a reçu une menace de mort en raison de sa position pro-européenne.

M. Tadic a reçu une lettre de menace suite à sa signature de l’accord de stabilisation et d’association (ASA) avec l’UE, considéré comme le premier pas vers la candidature à l’Union (EURACTIV 30/04/08). D’après le quotidien de Belgrade « Blic », la lettre accuse le président d’avoir indubitablement trahi la nation serbe et le menace de lui tirer une balle dans la tête.

« Vous, les traîtres, devriez avoir en tête que la trahison du peuple et du pays est l’acte criminel le plus grave et c’est exactement ce que vous faites », a indiqué la lettre citée par « Blic » qui a vraisemblablement été écrite par un nationaliste du parti radical serbe.

M. Tadic a refusé tout commentaire mais il a appelé les responsables politiques serbes à ne pas soutenir ces « êtres diaboliques » pendant la campagne électorale.

Ce type de menace n’est pas une nouveauté dans le monde politique serbe et ne devrait pas être pris à la légère dans la mesure où la Serbie a déjà une triste histoire d’assassinats politiques derrière elle. Le Premier ministre pro-occidental Zoran Djindjic avait été assassiné d’une balle tirée en pleine poitrine en 2003.

L’opposition entre les responsables politiques pro-européens du pays et les partis nationalistes est actuellement à son point le plus haut puisque le Kosovo, la province séparatiste serbe, a déclaré unilatéralement son indépendance le 17 février 2008 – avec le soutien de plusieurs pays de l’UE. 

D’après un récent sondage de l’agence serbe Stratégic Marketing, le parti radical serbe nationaliste est légèrement en tête du bloc pro-européen de M. Tadic (33,2% et 31,5%) et la coalition nationaliste du Premier ministre Vojislav Kostunica est classée en troisième position (13,8%).

De nombreux électeurs sont encore indécis, en grande partie à cause des messages conflictuels suite à la signature de l’ASA par la Serbie, a déclaré l’agence. L’opposition nationaliste a annoncé qu’elle annulerait l’accord en cas de victoire aux élections dimanche prochain, de peur que la signature implique la reconnaissance de facto de la déclaration d’indépendance de la Serbie, à laquelle tous les partis serbes sont opposés.

L’UE a fortement recommandé la signature de l’ASA, en espérant qu’elle stimulerait le camp pro-européen du président Tadic et du ministre des Affaires étrangères Vuk Jeremic, qui envisage les prochaines élections comme un référendum sur l’adhésion à l’UE.

Dans l’hypothèse d’une défaite de M. Tadic, l’Union redoute que la Serbie puisse modifier sa destinée pro-européenne et s’aligner avec son allié historique, la Russie, qui a appuyé M. Kostunica, son candidat favori.    

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