La Macédoine se dirige vers des élections anticipées [FR]

Les membre du Parlement ont ignoré les avertissements lancés par les eurodéputés selon lesquels des élections anticipées menaceraient l’adhésion du pays à l’UE et ont décidé de dissoudre le Parlement ainsi que de fixer des élections au 1er juin 2008.

Le gouvernement du petit pays a été dans l’impasse pendant plusieurs mois maintenant concernant les plans visant à réformer et à faire valoir les droits de la minorité ethnique albanaise. Cependant la crise politique s’est intensifiée la semaine dernière suite au veto de la Grèce pour l’adhésion de la Macédoine à l’OTAN lors du sommet de l’alliance à Bucarest (EURACTIV 04/04/08). 

Samedi dernier (12 avril), une petite majorité de législateurs macédoniens a soutenu l’intention du principal parti de l’opposition albanaise, l’Union démocratique de l’intégration (DUI) de dissoudre le Parlement et d’organiser des élections anticipées.

Soixante-dix députés sur 120 ont appuyé la proposition dont ceux des partis centre-droit, dans la coalition au pouvoir (VMRO-DPMNE), et le Parti démocratique des albanais. L’opposition sociale démocrate (SDSM) et les libéraux démocrates se sont opposés à des élections anticipées et ont quitté l’assemblée en signe de protestation.

Le Premier ministre de la Macédoine et le dirigeant du VMRO-DPMNE, Nikola Gruevski, ont expliqué qu’en tenant des élections anticipées ils voulaient obtenir un second mandat plus solide.

Cependant, les eurodéputés ont déconseillé cette intention. Par la voie de deux de ses vice-présidents, Jan Marinus Wiersma et Hannes Swoboda, le Groupe socialiste (PSE), fort de ses 215 élus, ont averti que si la crise devait déboucher sur la dissolution de l’Assemblée, il serait presque impossible de s’assurer que les critères fixés par la Commission européenne seraient respectés. Il serait d’autant plus difficile pour le Conseil d’arrêter une date, d’ici la fin de l’année, pour l’ouverture de négociations (relatives à l’adhésion).

Ils ont ajouté qu’ « Une crise gouvernementale impliquerait également que les pourparlers avec la Grèce sur la future dénomination du pays seraient suspendus. Athènes insiste sur le fait que son voisin change son nom vu que la Macédoine est également le nom d’une province plus au nord de la Grèce.

Ljubisa Georgievski, le porte-parole du Parlement à Skopje, a rejeté les mises en garde en déclarant que les élections anticipées ne créeraient pas de revers.

Néanmoins, la semaine dernière, le Parlement européen a repoussé un vote sur l’état de situation de la Macédoine en vue de son adhésion à l’UE en raison de l’insistance des eurodéputés grecs sur la suppression d’une phrase selon laquelle Athènes ne devrait pas bloquer l’adhésion de la Macédoine à des organisations internationales.

Pendant le débat, Olli Rehn, le commissaire européen en charge de l’Elargissement, a prié les forces politiques en Grèce de se concentrer sur les réformes plutôt que sur le différend relatif au nom entre Athènes et Skopje.

Selon le quotidien grec Ta Nea, la possible réélection de M. Gruevski ne serait pas du tout dans l’intérêt d’Athènes. La Grèce préfère en général le parti SDSM car elle se sent plus proche de leurs idées politiques.

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