La corruption continue d’être une source de préoccupation en Roumanie en raison du rejet, le 9 février 2006, d’une mesure anticorruption essentielle par le Sénat roumain.
La Commission analyse actuellement les effets du rejet par le Sénat roumain, le 9 février 2006, d’une loi anticorruption qui permettrait au procureur anticorruption du pays d’enquêter sur les hommes politiques et les juges. A la suite de cette décision, le président Traian Basescu a invité cette semaine les dirigeants des partis politiques pour des consultations. M. Basescu dispose de 20 jours pour décider de renvoyer le projet de loi au Sénat pour une deuxième lecture.
Se montrant confiant sur le fait que Bucarest trouve une solution durable et efficace pour combattre ses problèmes de corruption, un porteparole du commissaire à l’élargissement, Olli Rehn, a déclaré que « nous ferons connaître notre analyse complète des résultats dans notre prochain rapport du 16 mai ». Ce rapport sur la Roumanie sera le dernier avant que la décision du Conseil sur l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’UE en janvier 2007.
La ministre roumaine de la justice, Monica Macovei, a considéré la décision du Sénat comme une « catastrophe » et la délégation de la Commission en Roumanie a fait savoir qu’il s’agissait d’un « pas en arrière dans la lutte contre la corruption ». D’autres sources diplomatiques, dont les ambassadeurs américain et britannique en Roumanie, ont également exprimé leurs préoccupations.
Dans un entretien accordé à Mediafax, le Premier ministre roumain Calin Popescu Tariceanu a déclaré que « si mes collègues du Sénat ne peuvent me donner l’assurance que cette ordonnance sera bien adoptée sous la forme définie par le gouvernement, je pourrais envisager de demander au gouvernement un vote de confiance sur cette loi ».
Par ailleurs, une étude menée par Reuters a révélé que la corruption continue d’assombrir les perspectives d’avenir de la Roumanie. A partir d’entretiens avec plus de 30 analystes, Reuters a estimé que les chances de la Roumanie et de la Bulgarie d’adhérer à l’UE sont passées de 70% en novembre 2005 à 60% aujourd’hui.
