La Roumanie introduit un taux d’imposition unique

Dès son entrée en fonctions, le nouveau gouvernement roumain a
introduit un taux d’imposition unique pour les particuliers et les
entreprises. Les autorités de Bucarest ont également adopté une
nouvelle loi limitant les possibilités d’adoption d’enfants
roumains par des couples étrangers.

Le nouveau gouvernement en place à Bucarest, dirigé par le
premier ministre Calin Popescu Tariceanu, entend faire de la
Roumanie une véritable « vitrine de l’UE », « un modèle à suivre pour
ses voisins (demeurés à l’extérieur de l’Union) », selon les termes
du nouveau ministre des affaires étrangères Razvan Ungureanu. Dans
un entretien accordé à l’AFP, M. Ungureanu souligne que « la
Roumanie agira comme un aimant notamment pour la Moldavie », mais
aussi pour la Russie, l’Ukraine et le Belarus, autant de pays ayant
intérêt à développer une relation plus étroite avec l’Union
européenne.

Les autorités de Bucarest ont par
ailleurs annoncé l’introduction d’un taux d’imposition
unique pour les particuliers et les entreprises, mesure devant
permettre d’enrayer la hausse du déficit budgétaire et de
préparer l’économie roumaine à la concurrence s’exerçant au sein du
marché intérieur de l’UE. Fixé à 16%, ce nouveau taux remplace les
précédents niveaux d’imposition appliqués aux revenus des
particuliers (lesquels se situaient dans une fourchette de 18 à
40%) et aux bénéfices des entreprises (anciennement fixés à 25%).
Le FMI a salué l’initiative du gouvernement roumain, estimant que
celui-ci s’était engagé sur la voie d’une « bonne politique
fiscale ». Le nouveau régime fiscal est entré en vigueur au 1er
janvier 2005.  

Plusieurs analystes soulignent que la Roumanie ne peut se
permettre de laisser filer son déficit budgétaire
au-delà de 1,5% de son PIB, si le pays veut pouvoir
atteindre ses objectifs en matière d’inflation et de
réduction du déficit des comptes courants.  

Cette décision a été annoncée le jour même
de l’entrée en fonctions du nouveau gouvernement roumain, le
29 décembre 2004. Dans son discours d’investiture, le premier
ministre Calin Popescu Tariceanu s’est également engagé à
introduire des mesures visant à lutter contre l’évasion fiscale, la
corruption et la pauvreté, se disant par ailleurs résolu à
« bâtir un système judiciaire indépendant et à renforcer les
libertés individuelles ».

Le 1er janvier a également vu l’entrée en vigueur d’une
nouvelle loi visant à restreindre les possibilités d’adoption
d’enfants roumains par des couples étrangers : les enfants
roumains âgés de moins de deux ans ne pourront
désormais être adoptés par des étrangers
que dans les cas où il se sera avéré impossible de leur
trouver une famille d’adoption roumaine. Depuis 1989, 30 000
enfants roumains ont été adoptés par des couples étrangers.

Le cabinet de M. Tariceanu comprend 17 ministres issus de
la formation de centre-droit Justice et Vérité (DA), les
sept autres portefeuilles étant détenus
par les représentants de deux petits partis
– le Parti humaniste  (PUR) et le parti
représentant la minorité hongroise (UDMR). La majorité
gouvernementale bénéficie du soutien de 242 députés –
sur un total de 469 siégeant au parlement
roumain. 

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