La Serbie ratifie un accord clé en vue de la préadhésion à l’UE [FR]

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La Serbie a effacé un autre obstacle sur la voie de son adhésion à l’UE. Aujourd’hui 9 septembre, le Parlement serbe a en effet ratifié un accord clé de préadhésion qui lui offre un rapprochement des relations commerciales et qui facilite les déplacements à l’intérieur de l’Union.

Sur les 250 sièges du Parlement, 139 députés se sont prononcés pour l’Accord de stabilisation et d’association (ASA), 26 contre. Cela signifie donc qu’au moins douze membres de l’opposition – sans doute des membres du bloc libéral, qui soutiennent la candidature à l’UE et sont près à sacrifier le Kosovo dans cette optique – se sont ralliés au gouvernement. L’ensemble des membres du Parti radical serbe (SRS) se sont abstenus. 

Ces derniers mois, l’ASA a constitué l’un des sujets les plus brûlants de la politique serbe. Il a même mené à l’effondrement de l’ancien gouvernement, dirigé par le nationaliste Vojislav Kostunica, qui estimait qu’en signant l’accord, Belgrade reconnaîtrait de fait l’indépendance du Kosovo. 

Tomislav Nikolic, leader du principal parti d’opposition serbe, est la dernière « victime » de l’ASA. Il a démissionné vendredi dernier 5 septembre en raison des pressions internes au sein de son parti, qui lui reprochait d’approuver l’accord. 

Krisztina Nagy, porte-parole du commissaire à l’Elargissement Olli Rehn, a déclaré à EURACTIV qu’elle saluait la ratification, qui constitue à son avis une autre mesure qui « rapproche le pays de l’UE ».

L’Union avait déjà signé l’ASA avec le président Boris Tadic avant les élections parlementaires serbes de mai, une initiative destinée à stimuler les forces pro-occidentales (EURACTIV 30/04/08). 

La Commission souhaite débloquer l’accord commercial intérimaire qui fait partie de l’ASA afin de récompenser la Serbie pour les démarches positives qu’elle a entreprises récemment, tout particulièrement avec l’arrestation de l’ancien dirigeant des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic et sa rapide extradition devant la Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye. 

Ce sont toutefois les 27 Etats membres de l’UE qui ont le dernier mot sur cette question. D’ailleurs, l’entrée en vigueur de l’accord nécessite une décision unanime. Le gouvernement néerlandais en particulier affirme qu’il ne donnera son accord que si la Serbie s’engage à collaborer pleinement avec le TPIY. Il faut pour cela tout d’abord qu’elle mette la main sur le général Ratko Mladic (EURACTIV 04/09/08). 

Lors de sa visite à Bruxelles la semaine dernière, le président serbe Boris Tadic a rassuré l’UE sur la bonne volonté de son gouvernement, qui fait tout son possible pour arrêter Ratko Mladic et Goran Hadzic, qui figure également dans la liste des personnes les plus recherchées par le Tribunal. 

Le procureur du TPIY Serge Brammertz se rendra demain à Belgrade afin de se rendre compte personnellement des efforts de la Serbie avant de soumettre son rapport aux ministres européens des Affaires étrangères lors de leur réunion du 15 septembre. Si son rapport s’avère positif, les ministres pourraient décider de donner leur feu vert à l’ASA. 

Parallèlement, les députés serbes ont en outre ratifié un accord important avec la Russie dans le domaine de l’énergie. Ils ont en effet donné leur assentiment au projet de gazoduc South Stream, qui devrait transporter 10 milliards de m3 de gaz russe par année à travers la mer Noire à destination des Balkans, puis des autres pays européens. Le ministre serbe de l’Energie a déclaré que cet accord ferait de Belgrade un partenaire stratégique de la Russie tout comme de l’UE. 

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