La Slovénie veut faire du sommet UE-Balkans occidentaux un événement régulier

Le premier ministre croate Andrej Plenkovic (à gauche), le président serbe Aleksandar Vucic (deuxième à gauche), le premier ministre slovène Janez Jansa (au centre) et le premier ministre hongrois Viktor Orban (à droite) discutant lors du Forum stratégique de Bled à la salle des fêtes de Bled, en Slovénie, le 31 août 2020. Le forum est axé sur les conséquences de la pandémie de coronavirus et l'avenir de l'UE. D'autres débats porteront sur la cybersécurité, la numérisation et la sécurité européenne. [EPA-EFE/IGOR KUPLJENIK]

La présidence slovène de l’UE compte organiser un sommet UE-Balkans occidentaux début octobre. Son objectif est de faire de ces sommets un événement annuel régulier afin d’accélérer le processus d’élargissement de l’UE, a déclaré Anže Logar, ministre des Affaires étrangères.

Ces sommets réguliers représenteraient « une forme de pression importante » sur les pays de la région qui leur permettrait d’avancer dans le processus d’adhésion, tout en insistant pour que l’UE prenne des mesures significatives, a déclaré M. Logar à la presse lors du Forum stratégique de Bled, mercredi 1er septembre.

Ce commentaire a été fait en réponse à une question sur les actions concrètes réalisées par la Slovénie en tant que pays présidant l’UE pour faire avancer l’élargissement et pour surmonter le blocage de la Bulgarie à l’ouverture des négociations d’adhésion de la Macédoine du Nord à l’UE.

M. Logar a déclaré que le programme de la présidence slovène de l’UE avait clairement indiqué que l’Union ferait des progrès sur le dossier de l’élargissement à certaines conditions. Il a ajouté que si ces conditions étaient remplies, il serait alors « du devoir de l’UE tenir sa parole ».

Le ministre a cependant souligné que l’UE a été très critiquée sur la question de l’élargissement, mais a noté que ces décisions ont été adoptées par consensus au sein de l’UE, ce qui a nécessité beaucoup d’efforts diplomatiques.

« Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour obtenir des résultats tangibles », a-t-il déclaré, tout en notant que l’absence de gouvernement en Bulgarie exacerbait la situation puisque selon lui, « il manque un interlocuteur. »

Depuis avril, la Bulgarie a organisé deux élections et n’a pas réussi à élire un gouvernement stable. Une troisième élection se profile d’ici à la fin de l’année.

La Slovénie accueillera le sommet UE-Balkans occidentaux en octobre dans le cadre de sa présidence de l’UE.

Tout en soulignant l’importance et les avantages que l’élargissement de l’UE aux Balkans occidentaux présente d’un point de vue stratégique, les dirigeants participant à un panel sur l’avenir de l’Europe et son l’élargissement ont convenu que l’intégration de la région dans l’UE sera cruciale.

« L’élargissement est un processus qui comporte plusieurs étapes. Il s’agit davantage d’un processus administratif que politique. Cependant, ce dont nous devrions discuter, c’est de la manière dont les Balkans occidentaux feront partie de l’UE, comment ils seront intégrés politiquement, économiquement, en termes de sociétés et d’architecture de sécurité. Telles sont les questions qui se posent concernant les Balkans occidentaux », a déclaré le commissaire européen à l’élargissement, Olivér Várhelyi.

Il a souligné que les pays des Balkans occidentaux doivent être motivés pour rejoindre l’UE. « Nous n’avons plus de temps à perdre ».

M. Várhelyi a déclaré que la Commission envisageait un plan économique d’investissement important pour la région.

« Nous proposons d’investir environ un tiers du PIB de l’ensemble de la région, soit près de 30 milliards d’euros au total, afin de réaliser, au cours des quatre à cinq prochaines années, des changements fondamentaux sur le terrain pour la population et l’économie — relier les capitales par des autoroutes et des voies ferrées, éliminer progressivement le charbon, introduire plus d’énergies renouvelables, investir dans les PME, créer un climat d’investissement attractif, apporter l’internet à haut débit », a-t-il déclaré.

« C’est ce que l’Europe offre. Personne d’autre ne le propose. La mise en œuvre de ce plan commencera ce semestre », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre slovène Janez Janša a fait remarquer que lors de la création de l’UE, les pères fondateurs ne raisonnaient pas en terme d’Est et d’Ouest, mais de l’Europe dans son ensemble. « L’élargissement est un outil pour atteindre cet objectif », a-t-il déclaré.

Il a mis en garde contre un avenir sans élargissement de l’Union. Les présidences bulgare et croate ont toutes deux voulu mettre en avant l’élargissement pendant leurs mandats à la tête du Conseil de l’UE, mais d’autres questions ont été traitées en priorité à l’époque. « C’était la gestion de la crise, maintenant nous devons nous concentrer sur la question stratégique de l’élargissement », a-t-il déclaré.

L’élargissement de l’UE pourrait être un « exploit majeur » sous la présidence tournante slovène

Le ministre portugais des Affaires étrangères, Augusto Santos Silva, a déclaré jeudi (24 juin) que l’amorce des négociations d’adhésion à l’UE avec la Macédoine du Nord et l’Albanie serait « un exploit majeur » de la prochaine présidence tournante slovène du Conseil de l’UE.

Selon M. Janša, l’élargissement doit figurer en permanence à l’ordre du jour de l’UE, comme cela avait été le cas avant que la Slovénie ne rejoigne le bloc. « Nous ferons de notre mieux pour faire au moins quelques pas en avant ».

Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a également appelé à élargir le bloc dès que possible, rappelant les alternatives que représentent les influences croissantes de la Turquie, de la Russie et de la Chine dans la région.

Albin Kurti, le premier ministre du Kosovo, a ajouté que l’élargissement réduirait la frontière extérieure de l’UE de plusieurs milliers de kilomètres, ce qui serait un grand avantage en termes de sécurité. Il a également déclaré qu’une Europe élargie réunirait les pays avec leur diaspora dans les pays d’Europe occidentale, notant qu’un citoyen sur trois des pays des Balkans occidentaux vivait dans un pays d’Europe occidentale.

Le président slovène Borut Pahor a critiqué le manque de progrès dans le cas de la Macédoine du Nord, qui, selon lui, a tout fait pour avancer sur la voie de l’UE mais n’a rien reçu en retour.

Le premier ministre de Macédoine du Nord, Zoran Zaev, a souligné que pour son pays, il n’y avait pas d’autre alternative que l’adhésion à l’UE. « Nous n’avons pas d’autre famille, c’est notre famille », a-t-il déclaré, en soulignant les valeurs que son pays partage avec l’Europe. « Nous avons de passer à la prochaine, pour rester motivés ».

Šefik Džaferović, membre de la présidence de la Bosnie-Herzégovine, a déclaré qu’une grande majorité des habitants de son pays espérait rejoindre l’UE. Les raisons en sont principalement économiques, écologiques, sociales et politiques. Il existe cependant une autre raison très importante, partagée par les six pays des Balkans occidentaux.

« Nous sommes entourés de membres de l’UE. L’élargissement aux Balkans occidentaux relativisera certaines questions, comme les frontières, et facilitera la vie des citoyens. Je dirais qu’il en va de même pour l’adhésion à l’OTAN, même si tout le monde n’est pas d’accord avec cela », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre albanais Edi Rama s’est dit heureux que les pays des Balkans occidentaux aient enfin été invités à un débat sur l’avenir de l’Europe à Bled. « Nous ne cherchons pas à obtenir une licence pour être Européens. Nous sommes des Européens, peu importe ce que pensent les Européens (…) Nous ne parlons pas d’adhésion. Mais simplement d’ouvrir des négociations d’adhésion », a-t-il déclaré.

Le président bulgare Rumen Radev a déclaré que le processus d’intégration était une question de dialogue et de consensus. Des réformes dans différents domaines sont bien sûr nécessaires, mais les valeurs européennes constituent le fondement de l’UE, a-t-il déclaré. « Ainsi, lorsque nous parlons de l’élargissement, nous ne devons pas perdre de vue les valeurs. Il doit s’agir d’un processus stable et irréversible. Et pour s’en assurer, nous devons revenir aux valeurs. »

L’élargissement aux Balkans occidentaux doit être accompagné d’un approfondissement du projet européen et d’une consolidation de la zone euro

Après le Monténégro et la Serbie qui ont déjà ouvert des négociations d’adhésion avec l’UE, l’Albanie et la Macédoine du Nord ont reçu le feu vert afin d’amorcer les négociations d’adhésion.

Priorité à l’adhésion à l’espace Schengen

L’UE devrait d’abord offrir la perspective d’une adhésion à l’espace Schengen aux pays des Balkans occidentaux avant qu’ils ne passent par le processus d’adhésion à l’UE, qui est complexe, a déclaré le Premier ministre tchèque Andrej Babiš au Forum stratégique de Bled mercredi, rapporte l’agence de presse tchèque.

M. Babiš a réitéré son opinion selon laquelle, à l’instar des pays de l’UE tels que la Croatie, la Bulgarie et la Roumanie — qui ne font actuellement pas partie de l’espace Schengen — la Serbie devrait également être admise.

Selon lui, la Serbie devrait être le premier pays des Balkans occidentaux à être admis, car elle se trouve sur la route de l’immigration clandestine et la combat activement.

M. Babiš a également déclaré qu’il trouvait absurde que la Bulgarie attende depuis dix ans d’intégrer l’espace Schengen alors qu’elle en garde la frontière bien mieux que certains de ses pays membres.

Il a déclaré qu’il pensait que la prise de décision au sein de l’UE ne serait pas plus difficile en raison de l’élargissement, mais a noté qu’une réforme des institutions de l’UE serait nécessaire.

La première journée du Forum stratégique de Bled a été accompagnée de manifestations anti-Janša, certains manifestants déployant un drapeau antifasciste sur l’île de Bled.

« Ce faisant, nous voulons envoyer un message clair de désaccord avec l’abus de pouvoir de Janez Janša et de son gouvernement », ont déclaré les manifestants, appelant les dirigeants et les institutions de l’UE à protéger l’État de droit en Slovénie.

Élargissement : Bruxelles dresse l’état des lieux et prévoit 9 milliards pour les Balkans

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