Le Kosovo déposera une demande d’adhésion à l’UE d’ici fin 2022

Le chancelier allemand Olaf Scholz (à gauche) accompagné du Premier ministre du Kosovo Albin Kurti (à droite) quittent une conférence de presse conjointe à Pristina, au Kosovo, le 10 juin 2022. [EPA-EFE/GEORGI LICOVSKI]

Le Kosovo déposera une demande d’adhésion à l’UE à la fin de cette année, a déclaré le Premier ministre Albin Kurti lors d’une conférence de presse conjointe avec le Chancelier allemand Olaf Scholz à Pristina vendredi (10 juin).

Monsieur Scholz effectue une tournée des Balkans, qui comprend des visites au Kosovo, en Serbie, en Macédoine du Nord et en Grèce.

«  Nous poursuivrons notre aspiration au statut de candidat à l’UE, que nous prévoyons à la fin de cette année  », a déclaré Monsieur Kurti, ajoutant que le Kosovo s’efforce de remplir les conditions requises pour intégrer le bloc.

Si le Kosovo dépose sa candidature, seule la Bosnie-Herzégovine restera un candidat potentiel. En parallèle, la Serbie et le Monténégro entament des démarches, tandis que l’Albanie et la Macédoine du Nord restent en attente des négociations d’adhésion.

Les appels du Kosovo en faveur d’une adhésion à l’OTAN restent lettre morte

Le Premier ministre du Kosovo continue de plaider en faveur de l’adhésion de son pays à l’OTAN, mais l’OTAN et certains de ses membres restent résolus à ce que cette adhésion ne soit pas envisagée pour le moment.

En matière de défense, Monsieur Kurti a déclaré que «  le 22 juin, le Bundestag allemand devrait voter en faveur de la présence de troupes allemandes au Kosovo. L’intérêt du Kosovo pour le programme du Partenariat pour la paix de l’OTAN est un besoin urgent. Nous augmentons notre capacité de défense à 52 %  ».

Situation compliquée entre la Serbie et le Kosovo

Le Premier ministre a également déclaré que la Serbie continuait à bloquer les solutions proposées par le Kosovo dans le cadre du dialogue bilatéral facilité par l’UE actuellement au point mort.

«  Nous avons été créatifs, constructifs et engagés, mais malheureusement, la Serbie continue de bloquer les solutions que nous proposons dans le cadre du processus de Berlin  », a déclaré Monsieur Kurti.

Les négociations sont en cours depuis 11 ans et, si certains accords ont été signés, la grande majorité n’a pas été mise en œuvre.

Échec du dialogue entre le Kosovo et la Serbie sur les plaques d'immatriculation

Le Kosovo et la Serbie n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la question des plaques d’immatriculation, un sujet qui a déclenché des tensions le long de la frontière en septembre 2021, après l’expiration du délai jeudi 21 avril.

Le Kosovo n’est ni membre de l’OTAN, ni candidat à l’adhésion à l’UE, et il est le seul pays de la région à ne pas avoir bénéficié d’une exemption de visa pour se rendre dans l’UE. L’adhésion aux deux institutions nécessite une approbation unanime, qui sera difficile à obtenir car cinq pays de l’UE, à savoir Chypre, la Roumanie, l’Espagne, la Slovaquie et la Grèce, ne reconnaissent pas l’indépendance du Kosovo.

Le pays a déclaré son indépendance de la Serbie en 2008, à la suite de la sanglante guerre du Kosovo de 1998-1999, qui s’est terminée par une campagne aérienne de 78 jours menée par l’OTAN pour chasser l’armée serbe du Kosovo et y faire entrer une force de maintien de la paix.

Au cours de la conférence de presse, Monsieur Scholz a déclaré que tout pays souhaitant adhérer à l’UE devait respecter la législation, la démocratie, l’ouverture et la transparence.

Il a également appelé le Kosovo et la Serbie à s’engager à trouver une situation politique durable concernant l’indépendance du Kosovo, car «  il n’est pas concevable que deux pays qui ne se reconnaissent pas mutuellement deviennent membres de l’UE.  »

Bien que l’UE reconnaisse le Kosovo comme un candidat potentiel à l’adhésion, aucune demande officielle n’a été faite jusqu’à présent.

Début mai, Pristina a déposé une demande d’adhésion au Conseil de l’Europe et a récemment demandé une adhésion accélérée à l’OTAN et l’admission au programme de Partenariat pour la paix, largement considéré comme un précurseur de l’adhésion à part entière.

Le Kosovo veut entrer au Conseil de l'Europe, Belgrade promet de « se battre »

La Serbie a promis jeudi 12 mai de « se battre » contre toute adhésion du Kosovo au Conseil de l’Europe, vigie des droits humains sur le continent, après avoir prévenu qu’elle reprendrait son combat contre la reconnaissance sur la scène internationale de son ancienne province.

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