Lundi 19 novembre, les ministres européens des Affaires étrangères ont averti le dirigeant nouvellement élu du Kosovo, Hashim Thaci, de ne pas déclarer l’indépendance unilatérale du pays le mois prochain.
Alors que la date limite du 10 décembre pour la conclusion des négociations sur le futur statut du Kosovo se rapproche, les ministres européens des Affaires étrangères ont appelé Belgrade et Pristina à « faire preuve de davantage de souplesse et à réagir de manière positive et constructive » dans le cycle actuel de négociations conduit par la troïka, composée des représentants de l’UE, des Etats-Unis et de la Russie. L’UE a réaffirmé la « nécessité de trouver rapidement une solution à la question du statut du Kosovo ».
Le représentant européen aux négociations de la troïka, l’ambassadeur Wolfgang Ischinger, a informé les ministres des Affaires étrangères de la situation actuelle, mais les diplomates européens doutent que ce cycle de négociations conduira à un accord sur le statut final du Kosovo.
Hashmin Thaci, dirigeant récemment élu du Kosovo et ancien chef de guérilla, a annoncé qu’il déclarerait l’indépendance immédiatement après la fin des négociations le 10 décembre. Mais les ministres européens des Affaires étrangères ont averti qu’une telle initiative pourrait plonger les Balkans dans une autre crise.
Le 19 novembre, le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, a lui aussi appelé à la prudence sur le sujet.
Cependant, l’UE n’est toujours pas parvenue à une position commune, les Etats membres restant divisés sur la question. Alors que la plupart des pays est prête à reconnaître une déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, une certain nombre d’Etats membres, notamment l’Espagne, la Grèce, Chypre, la Roumanie et la Slovaquie, a émis des réserves, par craintes de mouvements séparatistes.
D’après Jim Murphy, ministre britannique aux Affaires européennes, cité par l’Agence Reuters, une très large majorité de pays de l’UE – certainement plus de 20 – sont prêts à reconnaître le statut du Kosovo, mais le compte des 27 n’y est pas. Il ajoute, qu’en terme de gestion du processus, le résultat sera nettement meilleur pour toutes les parties concernées, s’il y a un maximum de consensus international.
Parallèlement, l’UE se prépare pour une éventuelle mission de sécurité au Kosovo. Les ministres des Affaires étrangères ont déclaré que « l’UE est prête à jouer un rôle important au Kosovo dans le futur ».

