Le Monténégro sur la sellette après la condamnation d’un journaliste

Jovo Martinovic

La liberté de la presse est un « élément clé » de la candidature du Monténégro au bloc européen, a averti Bruxelles, après la condamnation d’un journaliste pour trafic de drogue.

Le journaliste spécialisé dans les affaires de crime organisé, Jovo Martinovic, a été condamné à Podgorica à 18 mois de prison pour trafic de drogue. « Un verdict inique », selon l’association Reporters sans Frontières.

Bruxelles espère un procès « équitable », a déclaré une porte-parole de la Commission, Maja Kocijancic, soulignant que les atteintes à la liberté de la presse pourraient mettre en cause la candidature de Podgorica.

« La liberté d’expression est l’une des valeurs fondamentales de l’Union européenne et c’est aussi un élément clé du processus d’adhésion du Monténégro  […] Dans ce contexte, les journalistes doivent pouvoir faire leur travail sans crainte des conséquences », a-t-elle dit lors du point presse quotidien de la Commission.

En Croatie, la liberté de la presse décroit depuis l'adhésion à l'UE

Le dernier pays à avoir rejoint l’Union européenne en 2013 a vu l’état global de la liberté de la presse se dégrader, malgré certaines améliorations.

La justice monténégrine a reproché au journaliste d’entretenir des liens avec des trafiquants, dont l’un a été condamné à six ans et trois mois de prison.

Jovo Martinovic a expliqué que ces contacts étaient menés dans le cadre de son métier. Il a déjà effectué quinze mois de détention provisoire et a interjeté appel de sa condamnation, donc ne retournera pas immédiatement en détention.

En septembre, le journaliste avait reçu le prix Peter Mackler, qui récompense l’éthique et le courage journalistiques.

En mai, après qu’une journaliste avait été blessée par balle, Bruxelles avait déjà prévenu que le processus d’adhésion du Monténégro serait « entravé » sans progrès sur la question de la protection des journalistes et de la liberté de la presse.

Le Parlement européen veut du concret pour défendre la liberté de la presse en Europe

La moitié des pressions subies par les journalistes en Europe le sont par les gouvernants et leurs représentants. Le Parlement européen réclame davantage d’engagements de la part de l’exécutif européen dans la défense de la liberté de la presse et du pluralisme des médias dans les États membres.

 

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