Le Monténégro va entamer ses négociations d’adhésion à l’UE

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Les ministres européens des affaires étrangères ont décidé hier (26 juin) que les négociations d'adhésion avec le Monténégro s'ouvriraient vendredi, une date qui coïncidera avec le dernier jour du sommet des dirigeants européens.

La Croatie devrait rejoindre l'UE en 2013 et l'Islande bat tous les records de vitesse dans ses négociations d'adhésion. Quant au Monténégro, il progresse sur le chemin de l'adhésion depuis qu'il a reçu le feu vert en octobre dernier pour l'ouverture des négociations.

La Serbie, la Macédoine et la Turquie sont également des pays candidats. La Macédoine ne peut entamer les négociations d'adhésion en raison d'un conflit toponymique avec la Grèce et les négociations avec la Turquie sont au point mort à cause de la question chypriote.

Les candidats potentiels, à savoir la Bosnie-Herzégovine, l'Albanie et le Kosovo, en sont à un stade moins avancé de la procédure.

Sept à huit ans sont généralement nécessaires pour passer de l'ouverture des négociations à l'adhésion. Le Monténégro ne devrait donc pas rejoindre l'Union avant 2020.

A Luxembourg, les ministres ont déclaré que le Monténégro, une ancienne république yougoslave (voir « Contexte »), respectait aujourd'hui les critères nécessaires. Ils ont toutefois ajouté que le pays serait surveillé de près dans le domaine judiciaire et dans sa lutte contre le crime organisé.

Les ministres ont par ailleurs demandé à la Commission européenne de tirer des leçons des précédentes négociations d'adhésion et de commencer par les chapitres portant sur le système judiciaire et les droits fondamentaux, la justice, la liberté et la sécurité.

Balkan Insight a rapporté que les résultats de la réunion du Conseil Affaires générales étaient attendus avec impatience à Podgorica, dans la mesure où le soutien de certains pays, comme la Suède, n'était pas gagné.

Le ministre suédois des affaires étrangères, Carl Bildt, a expliqué aux journalistes avant le début de la réunion que son pays s'inquiétait quant aux niveaux élevés de criminalité organisée et de corruption au Monténégro.

Cité dans la presse, il a déclaré que la plupart des réseaux de trafic de stupéfiants provenaient des Balkans et que le Monténégro ne pourrait progresser vers son adhésion à l'UE sans prendre de mesures pour éradiquer ce fléau.

L'eurodéputé Eduard Kukan (PPE, Slovaquie), qui préside la délégation pour les relations avec l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Monténégro et le Kosovo, a salué la décision du Conseil d'entamer les négociations avec le Monténégro.

« C'est non seulement une bonne nouvelle pour le pays, mais également un signal encourageant pour le reste de la région. J'espère que le Monténégro se tiendra aux procédures de réforme et que les négociations progresseront sans heurts », a-t-il déclaré.

Se félicitant de cette décision, le rapporteur fictif sur le Monténégro, Ulrike Lunacek (Verts/ALE, Autriche) a émis certaines réserves.

« La corruption est très répandue et l'élite politique, tout comme les investisseurs étrangers, est impliquée. Le principal problème du Monténégro, c'est que même si de nombreuses lois sont adoptées en conformité avec l'acquis communautaire, elles ne sont que peu appliquées », a-t-elle expliqué.

Elle a en outre exhorté les autorités monténégrines à revoir leur projet de bâtir de grandes centrales hydroélectriques. « De manière générale, le Monténégro doit adopter une approche sérieuse en terme de politique environnementale, conformément à sa constitution qui stipule que le Monténégro est un Etat écologique. »

Le Monténégro est situé sur la côte Adriatique et dispose de frontières communes avec la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Kosovo et l'Albanie. Le tourisme est un secteur crucial pour le pays. Un cinquième de ses 700 000 habitants vit dans la capitale, Podgorica.

Après le démantèlement de la Yougoslavie en 1992, le Monténégro est resté au sein d'une fédération avec la Serbie. En 1996, il s'est séparé du régime du dirigeant serbe Slobodan Miloševi? et a élaboré sa propre politique économique, adoptant unilatéralement le mark allemand comme monnaie. Lorsque l'Allemagne est passée à l'euro en 2002, le Monténégro a fait de même, bien qu'il n'appartienne pas à la zone euro.

La Serbie et le Monténégro ont formé une nouvelle union en 2003, mais trois ans plus tard, le pays a organisé un référendum sur son indépendance. Lors d'un scrutin observé de près par l'UE, 55,5 % des citoyens se sont exprimés en faveur de la séparation. Le 3 juin 2006, la déclaration d'indépendance du Monténégro a été adoptée par le parlement.

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