Le Parlement français rend illusoire la demande d’adhésion de la Turquie à l’UE [FR]

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Les perspectives d’adhésion de la Turquie à l’UE se sont envolées hier, 29 mai, dans la mesure où l’Assemblée nationale française a approuvé une disposition au projet de réforme qui prévoit de rendre obligatoire le référendum pour l’entrée dans l’UE de nouveaux pays représentant plus de 5% de la population totale de l’UE.

La proposition, introduite dans le cadre d’un projet de réforme institutionnelle plus large, a été votée à une majorité de 48 voix contre 21 et va désormais être examinée par le Sénat pour approbation. Le vote définitif aura lieu au mois de juillet, lorsque les deux chambres se réuniront en une séance conjointe. 

Cette décision survient une journée après la dénonciation par les eurodéputés et la Commission du ralentissement du processus des réformes de la Turquie durant la visite du Ministre turc des Affaires étrangères, Ali Babacan, à Bruxelles (EURACTIV 29/05/08).   

S’adressant à la commission parlementaire mixte UE-Turquie, le commissaire en charge de l’Elargissement Olli Rehn a déclaré que la Turquie devait relancer la dynamique du processus de réformes et ne devrait pas espérer que les négociations relatives à sa candidature à l’adhésion à l’UE ne se concluent rapidement.

Le vote en France intervient au moment où le président Nicolas Sarkozy visite  l’ensemble des capitales européennes un mois avant de reprendre la présidence de l’UE, en réitérant son point de vue que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe, ni d’un point de vue culturel ou géographique.

Au lieu d’offrir à la Turquie la possibilité d’être membre à part entière de l’UE, M. Sarkozy est partisan du concept de « partenariat  privilégié » entre l’UE et la Turquie. Il est soutenu par la chancelière allemande Angela Merkel.

Andrew Duff, vice-président de la commission parlementaire mixte UE-Turquie, a déclaré à EURACTIV que le vote français était un exemple regrettable de la xénophobie française envers la Turquie. Selon un sondage TNS Eurobaromètre réalisé en automne 2007, 65% des français affirment que les valeurs de la société turque sont trop éloignées de celles de l’Europe pour que la Turquie puisse rejoindre l’UE.

Quant à la question de savoir si le vote par référendum exclurait toute approbation française de la future accession à l’UE de la Turquie, M. Duff a répondu qu’un changement de l’opinion publique pourrait être possible dans l’hypothèse où la Turquie progresse davantage relativement au processus de ses réformes.

Néanmoins, selon M. Duff, cela exigerait également que la France se métamorphose en une démocratie parlementaire plus mature et non en un lieu où le populisme et les plébiscites font la loi.

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