Il est « possible » que la Serbie décroche le statut de candidate officielle à l’UE dès 2009 si le pays persiste sur la bonne voie. C’est ce que le président de la Commission José Manuel Barroso a déclaré aux dirigeants serbes hier 3 septembre à Bruxelles.
« Si tout se passe comme prévu, si toutes les conditions sont remplies, il sera possible d’accorder le statut de candidat à la Serbie l’an prochain », a déclaré M. Barroso à l’issue d’une réunion avec le président serbe Boris Tadic, son Premier ministre Mirko Cvetkovic et son ministre des Affaires étrangères Vuc Jeremic. Il a néanmoins fait savoir qu’il ne s’agissait « pas d’un engagement » : selon lui, « cela dépend de la Serbie, cela dépend des conditions du côté de l’Union européenne ».
La plus importante condition à remplir est que la Serbie coopère « pleinement » avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), a affirmé M. Barroso. A cet égard, il affirme que l’arrestation de Radovan Karadzic, inculpé de crimes de guerre, marque un moment historique et une étape importante en vue de l’adhésion à l’UE. Il a suggéré de récompenser la Serbie en mettant en œuvre l’accord de stabilisation et d’association (ASA) signé en avril par les deux parties (EURACTIV 30/04/08).
L’ASA, qui offre à la Serbie des relations commerciales plus proches et des facilités de déplacement à l’intérieur de l’UE, est considéré comme une étape essentielle vers l’adhésion. Outre l’obtention du statut de candidat et l’établissement d’un régime de visas viable avec l’UE, il s’agit d’un des objectifs prioritaires du gouvernement serbe.
Le texte a été débattu hier par le Parlement de Belgrade. M. Tadic s’est dit confiant quant à sa ratification cette semaine.
Du côté de l’UE, l’attitude du gouvernement néerlandais est actuellement le dernier obstacle à la mise en œuvre de l’accord. Certains Etats membres ont appelé à la ratification de l’ASA depuis l’arrestation de Karadzic le 21 juillet (EURACTIV 22/07/08).
Mais les responsables néerlandais affirment qu’ils ne retireront leur veto qu’une fois que l’autre criminel de guerre recherché, le général Ratko Mladic, aura été arrêté et livré au TPYI. Ils attendent également la confirmation du procureur du Tribunal Serge Brammertz, qui doit s’assurer que Belgrade coopère pleinement.
M. Brammertz doit se rendre à Belgrade le 10 septembre. Il soumettra son rapport lors de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères cinq jours plus tard.
M. Tadic a signalé que son gouvernement faisait tout son possible pour trouver Ratko Mladic et Goran Hadzic, qui figure également dans la liste des personnes les plus recherchées par le Tribunal. Il a indiqué que la Serbie les remettra dès qu’elle les aura arrêtés.
Sur la question du Kosovo, les invités serbes se sont montrés moins enclins à faire une quelconque concession. « La Serbie ne renonce pas concernant le Kosovo », a assuré M. Tadic. A la question de savoir si le gouvernement serbe envisageait de coopérer avec la mission « Etat de droit » menée par l’Union européenne au Kosovo (EULEX), M. Jeremic a indiqué que ce déploiement devait dépendre d’un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, au sein duquel la Serbie peut compter sur le droit de veto de son allié russe (EURACTIV 20/08/08).
Mais Moscou ne pourra pas compter sur la reconnaissance par la Serbie des provinces séparatistes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie en échange de son soutien sur la question du Kosovo, a affirmé M. Tadic. « La Serbie ne fera rien de contraire à ses intérêts. Nous défendons notre intégrité territoriale et notre souveraineté en utilisant le droit international », a-t-il déclaré.

