Les infirmières bulgares quittent la Libye dans l’avion présidentiel français [FR]

cecilia_sarkozy.jpg

Les membres du personnel médical retenus prisonniers en Libye depuis 1996 pour avoir prétendument injecté le virus du sida à des enfants, ont finalement été libérés et renvoyés à Sofia mardi 24 juillet 2007. Néanmoins, le rôle personnel joué par la première dame de France Cecilia Sarkozy dans leur remise en liberté reste controversé.

Un avion présidentiel français transportant cinq infirmières bulgares et un docteur palestinien a décollé de Tripoli tôt dans la matinée (24 juillet 2007), ramenant le groupe chez eux en Bulgarie après plus de huit ans de prison. 

La première dame de France, Cecilia Sarkozy, et la commissaire chargée des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, sont arrivées à Tripoli dimanche 22 juillet 2007 pour tenir une série de discussions secrètes visant à garantir le rapatriement des membres du corps médical. Elles étaient accompagnées par Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée.

Dans une déclaration, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et Nicolas Sarkozy ont indiqué qu’ils « saluaient le geste d’humanité de la Libye et de son plus haut dirigeant », Moammar Gadhafi, et ajouté qu’ils « s’engageaient à tout faire pour aider les enfants atteints du sida » en Libye.  

José Manuel Barroso et Nicolas Sarkozy ont également exprimé « leur profonde gratitude à l’Emir et à l’Etat du Qatar dont la médiation a permis ce dénouement heureux ».

L’implication personnelle de N. Sarkozy dans la remise en liberté du personnel médical a causé des tensions avec Bruxelles qui menait des négociations avec la Libye depuis 2004. Des fonctionnaires de la Commission n’avaient pas été informés de la première visite de la femme de Nicolas Sarkozy, Cecilia, à Tripoli le 12 juillet 2007 afin d’apporter une assistance dans les négociations. 

Cependant, lors d’une seconde et décisive visite dix jours plus tard, Cecilia est apparue accompagnée de Benita Ferrero-Waldner, suggérant que Bruxelles et Paris avaient réglé leurs différends et renforcer la coordination. 

La Commission a indiqué dans une déclaration : « Ce dénouement n’aurait pas été possible sans les efforts et la détermination de la Commission européenne, et plus particulièrement du membre de la Commission européenne chargée des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, tout au long du processus » et a également salué « l’engagement personnel de madame Cécilia Sarkozy ».

Citant une source officielle en Libye, Reuters a indiqué le 23 juillet 2007 que la Libye avait exigé la normalisation totale des relations avec l’UE en échange de la libération des infirmières. Le président français, qui a plaidé en faveur de négociations pour une « Union méditerranéenne », devrait organiser une visite officielle en Libye ce mercredi 25 juillet 2007.

Les cinq infirmières bulgares et le docteur palestinien étaient accusés d’avoir inoculé délibérément le virus du SIDA à des enfants en Libye et attendaient leur procès depuis 1999. Les membres du corps médical ont tous nié les accusations portées contre eux, soutenant que leurs confessions avaient été obtenues sous la torture.

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire