Lors de leur réunion, les ministres européens des Affaires étrangères ne sont pas parvenus à une position commune sur l’imminente déclaration d’indépendance du Kosovo et la mission ultérieure de l’UE. Cette question sera de nouveau à l’ordre du jour lors du sommet des dirigeants européens vendredi 14 décembre.
Les Etats membres ont souligné que l’UE continuera à assumer ses responsabilités, mais restent divisés sur le statut du Kosovo et les responsabilités de l’UE dans la province serbe.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré qu’une majorité d’Etats membres était favorable à la reconnaissance du Kosovo suite à une éventuelle déclaration unilatérale d’indépendance dans les semaines à venir. Mais d’autres pays, comme Chypre, la Grèce, la Slovaquie et l’Espagne, restent fortement opposés à la reconnaissance d’un Kosovo indépendant.
Lors d’un déjeuner, l’ambassadeur Wolfgang Ischinger, représentant de l’UE dans les négociations entre Belgrade et Pristina, a informé les ministres européens des Affaires étrangères sur l’échec des négociations menées par la troïka du groupe de contact (Etats-Unis, UE et Russie). Le même jour, la troïka a fait son rapport aux Nations unies. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, devrait confier la mission actuelle de l’ONU au Kosovo à l’UE sur la base de la résolution 1244, qui a permis de placer le Kosovo sous surveillance internationale depuis 1999.
Cependant, le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov, dont le pays soutient l’opposition serbe à l’indépendance du Kosovo, met en garde les diplomates européens à Bruxelles contre un telle interprétation. En effet, la Russie estime que l’interprétation unilatérale de la résolution serait dangereuse. La résolution 1244 doit être discutée au Conseil de sécurité de l’ONU la semaine prochaine, le 19 décembre.
En attendant, au Kosovo, la pression pour déclarer l’indépendance se fait de plus en plus forte : des milliers d’étudiants sont descendus dans les rues de Pristina et Hashim Thaci, Premier ministre désigné du Kosovo, a déclaré que l’indépendance vis-à-vis de la Serbie n’était plus qu’une question de semaines. Les diplomates occidentaux pressent néanmoins les dirigeants du Kosovo à ne pas déclarer l’indépendance avant les élections serbes prévues mi-janvier.
Les chefs d’Etat et de gouvernement européens discuteront de la question du statut du Kosovo et de la mission de la PESD, lors de leur rencontre au sommet européen à Bruxelles le 14 décembre.

