Les négociations sur le nom « Macédoine » sont sur le point d’aboutir [FR]

Aujourd’hui 2 octobre, le président macédonien Branko Crvenkovsku et le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn ont indiqué qu’une solution à la dispute, qui dure depuis 17 ans entre Skopje et Athène, sur le nom « Macédoine » est sur le point d’être trouvée. 

Lors de la conférence de presse qui a suivi sa rencontre avec le commissaire Olli Rehn à Bruxelles, le président Brando Crvenkovski a annoncé qu’il s’attendait à ce que Matthew Niemetz, le médiateur de l’ONU, fasse une proposition finale peu après sa rencontre à New York avec les négociateurs des deux pays.  

M. Niemetz a fixé une rencontre mardi prochain entre les négociateurs des deux pays, l’ambassadeur grec Adamantios Vassilakis et les ambassadeurs macédoniens Nikola Dimitrov et Martin Protoger, chefs de cabinet du Premier ministre. L’objectif de la rencontre est que les deux pays fassent des remarques ou des demandes d’amendements suite à la dernière proposition de M. Niemetz, a annoncé M. Crvenkovski. A cet égard, il s’attend à ce que M. Niemetz soit capable de présenter une version finale. 

Le président macédonien a ajouté que son pays serait prêt à accepter un compromis honnête, qui ne portera nullement préjudice à son identité nationale et culturelle. Il a appelé la Grèce à faire preuve du même esprit constructif. 

Le commissaire Rehn a également exprimé son optimisme concernant les discussions qui se sont tenues sous l’égide de l’ONU et a loué le médiateur de l’ONU, M. Niemetz, pour son endurance. J’espère vraiment qu’il s’agit de la dernière étape et que nous allons nous mettre d’accord sur cette question, a déclaré M. Rehn. 

Reconnaissance du Kosovo par la Macédoine

M. Crvenkovski a également annoncé que son pays allait bientôt reconnaître le Kosovo. La Macédoine a subi la pression des Etats-Unis pour qu’elle reconnaisse l’ex-province serbe, alors que la Serbie appelait Skopje à ne pas le faire. Selon les diplomates, la Macédoine, dont l’importante communauté albanaise est solidaire avec les Kosovars, a retardé la reconnaissance de Pristina en invoquant surtout des raisons techniques dans l’espoir de résoudre entre-temps des questions liées à la démarcation des frontières.

Mise en garde sévère sur la lenteur des progrès 

M. Rehn a été clair sur le fait que la Macédoine, qui a reçu le statut officiel de pays candidat à l’adhésion en 2005, doit encore remplir un certain nombre de critères d’adhésion de base avant de pouvoir se lancer dans des discussions formelles. 

Ce n’est pas une coïncidence que les critères politiques de Copenhague soient les principaux critères d’adhésion. Pour remplir ces derniers, il faut des institutions stables qui garantissent la démocratie et l’état de droit. Ces critères démocratiques sont absolument fondamentaux. Dans ce contexte, le dialogue politique entre les différentes parties et les institutions est un élément essentiel au bon fonctionnement de la démocratie, a déclaré M. Rehn en faisant allusion à l’instabilité récente au sein des institutions du pays et au conflit entre le président et le Premier ministre Nikola Gruevski (EURACTIV 01/10/08). 

M. Rehn a également fait allusion aux récentes irrégularités électorales (EURACTIV 02/06/08) en déclarant que Bruxelles donnera suite à la procédure électorale qui a eu lieu dans l’ex-République yougoslave de Macédoine. 

Par rapport au conflit qui l’a opposé à M. Gruevski, M. Crvenkovski a affirmé que des questions internes étaient également en jeu. Il n’a toutefois pas voulu faire d’autres commentaires à ce sujet à Bruxelles. 

Nous allons en parler à Skopje, a-t-il déclaré. 

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