Les Pays-Bas retardent l’accession de la Serbie à l’UE [FR]

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Hier 15 septembre, les ministres européens des Affaires étrangères ne sont pas parvenus à surmonter l’opposition néerlandaise afin de débloquer un accord commercial avec la Serbie. Cependant, ils ont indiqué qu’ils espéraient y parvenir lors de leur prochaine réunion du 13 octobre.

Malgré un rapport positif sur la coopération de Belgrade émanant du procureur général de l’ONU sur les crimes de guerre Serge Brammertz, le représentant néerlandais Maxime Verhagen a maintenu sa position, qui constitue le dernier obstacle à des avantages commerciaux accordés par l’UE à la Serbie, 
Les avantages commerciaux font partie de l’accord de stabilisation et d’association (ASA) ratifié la semaine dernière par la Serbie (EURACTIV 09/09/08). Cet accord est considéré comme une étape clé de la pré-adhésion. 

De nombreux autres Etats membres de l’UE souhaitent que l’ASA soit mis en place dès que possible. Les Néerlandais ont reconnu que la Serbie avait accompli des progrès. Cependant, se référant au rapport Brammertz, ils ont indiqué qu’il y avait encore du travail à accomplir pour l’interpellation des autres suspects, notamment l’ancien général Ratko Mladic. M. Verhagen a indiqué : « Il est clair, selon moi, que pour le moment la Serbie ne coopère pas pleinement ».

Le ministre serbe des Affaires étrangères Vuk Jeremic a immédiatement rejeté l’interprétation des Pays-Bas, indiquant que la Serbie coopérait totalement avec le tribunal. Il a ajouté que lorsque qu’ils auraient terminé ce processus, les Pays-Bas n’auront plus rien à contester.

Lors d’une rencontre avec des journalistes à Belgrade, le président serbe Boris Tadic a appelé les criminels de guerre présumés Ratko Mladic et Goran Hadzic à se rendre afin de retirer un poids des épaules de la Serbie.

Les ministres européens ont montré leur volonté d’éviter d’isoler la Serbie avec la décision d’hier, ce qui laisse présager qu’un accord pourrait être trouvé lors de leur prochaine réunion en octobre.

Le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn a indiqué à nouveau que pour lui, l’arrestation de Karadzic constituait une étape qui devait être prise en compte par l’UE. Il a appelé la Serbie à amorcer la mise en place unilatérale d’un accord commercial, estimant que cela pourrait encourager l’avenir européen du pays.

Malgré le veto néerlandais, il a déclaré que dans le meilleur des cas et si tout se déroule comme prévu, la Serbie pourrait tout de même devenir candidate à l’adhésion à l’UE en 2009.

M. Jeremic a immédiatement réagi à ces propos en indiquant à la télévision nationale serbe que la décision d’hier ne représentait pas une défaite importante, mais un simple retard dans la mise en place de l’étape inévitable qu’est l’adhésion à l’UE.

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