L’UE reporte sa décision sur les négociations d’adhésion de Tirana et Skopje

Edi Rama, Premier ministre albanais, et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, à Tirana le 25 février dernier. [EPA-EFE/MALTON DIBRA]

Les pays de l’Union européenne ont décidé de reporter d’au moins un an leur décision sur un éventuel feu vert à des négociations d’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine à l’UE, la France et les Pays-Bas ayant réclamé au préalable de nouvelles réformes au sein de l’UE.

Cette issue inattendue, malgré un large soutien au sein de l’UE à de telles négociations, illustre la détermination d’Emmanuel Macron à remettre toute décision à l’après-élections européennes de mai 2019, de peur, d’ici là, de renforcer les sentiments anti-immigration au sein de l’électorat, ont déclaré des diplomates.

Cela porte un coup d’arrêt momentané à la dynamique que favorisaient l’Allemagne et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dans les Balkans occidentaux afin d’y contrer l’influence de Moscou, en ouvrant la voie à l’adhésion future de six pays de la région.

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Les pays de l’UE « détermineront le chemin vers les négociations d’adhésion en juin 2019 » pour la Macédoine et l’Albanie, lit-on dans un document qui a fait l’objet d’un accord entre ministres des Vingt-Huit lors d’une longue réunion le mardi 26 juin à Luxembourg.

« C’est un accouchement très difficile », a déclaré le ministre allemand de l’UE, Michael Roth, à propos du compromis trouvé.

Lutter contre la corruption

L’Allemagne, l’Autriche, la Suède, la Slovaquie et nombre d’autres pays de l’UE avaient espéré un accord dès mardi, qui aurait permis l’ouverture de négociations d’adhésion. Les dirigeants de l’UE auraient pu confirmer ce feu vert lors du Conseil européen de jeudi à Bruxelles.

L’Albanie, la Bosnie, le Kosovo, la Macédoine, le Monténégro et la Serbie aspirent tous à rejoindre l’Union européenne.

Les négociations sont déjà engagées avec la Serbie et le Monténégro. L’Albanie, qui est membre de l’OTAN, et la Macédoine, qui a conclu un accord sur son nom avec la Grèce, ont obtenu le soutien de la Commission européenne, qui a recommandé l’ouverture de négociations sur leur adhésion.

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Le Premier ministre albanais, Edi Rama, a voulu voir une victoire dans la décision des ministres. « Les résultats de nos grandes réformes font que, finalement, même les sceptiques acceptent l’idée que l’Albanie et la Macédoine sont prêtes à négocier », a-t-il tweeté.

Le chef de l’opposition albanaise, Lulzim Basha, a dit cependant que l’Albanie ne pourrait pas engager des négociations dans un an si elle ne combat pas le crime organisé et la corruption.

Emmanuel Macron, soutenu en cela par les Pays-Bas, estime que l’UE doit d’abord se réformer avant d’ouvrir la porte à de nouveaux membres. À en croire certains diplomates européens, Paris serait avant tout préoccupé par le risque d’une montée du sentiment anti-migrants dans l’opinion française.

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