4 des 5 pays candidats à l’UE ne seront pas prêts avant 2050

Selon une étude, la Macédoine et le Monténégro pourraient être les prochains pays à entrer dans l'UE.

Parmi les pays candidats, seule la Macédoine remplit les critères nécessaires à une adhésion avant 2023.

Pour l’heure, le processus est gelé : toute adhésion d’ici la fin du mandat de la Commission Juncker, en 2019, a été exclue. Et cette période de glaciation pourrait se prolonger.

La Serbie, habituellement présentée comme le pays candidat le plus avancé dans l’intégration européenne, avec la petite république du Monténégro, ne serait en réalité pas en mesure de se conformer au droit européen avant 2035. Et il en va de même pour la Turquie.

C’est au contraire l’Ancienne République yougoslave de Macédoine qui devrait atteindre le plus rapidement, d’ici 2023, les conditions attendues, assure l’étude Forecasting Candidate Status, écrite par Tina Freybourg, de l’université St Gallen, et Tobias Böhmelt, de l’université d’Essex.

Parmi les pays officiellement candidats se trouvent l’Albanie, la Macédoine, le Monténégro, la Serbie et la Turquie. La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo ont également exprimé leur volonté de rejoindre l’UE.

L’étude s’est penchée sur la probabilité de voir cinq de ces sept pays entrer dans l’union d’ici 2050, sur la base des critères d’adhésion utilisés lors de la vague d’élargissement de 2004.

L’adhésion n’est en effet possible que lorsque les États candidats remplissent une longue liste de conditions, et ont transposé dans leur législation une série de règles, les acquis communautaires. Ces règles couvrent des sujets divers, de l’organisation du système judiciaire aux transports, en passant par la politique énergétique.

La demande d’adhésion turque est celle qui soulève le plus la controverse, surtout depuis les réformes entreprises par le président actuel et la répression de l’opposition après la tentative de coup d’État de l’année dernière.

Certains États européens et eurodéputés ont d’ailleurs appelé Bruxelles à suspendre, voire supprimer, la candidature turque, officiellement lancée en 1987.

Le Parlement veut couper le robinet des aides à la Turquie

Le Parlement européen veut réduire de 80 millions d’euros les fonds de préadhésion versés à la Turquie par l’UE, selon l’eurodéputé Siegfried Mureşan.

La situation est cependant compliquée par le fait que l’UE dépend d’Ankara pour faire appliquer l’accord sur les réfugiés. Ce facteur, associé à d’autres, comme le Brexit et la montée des populismes, contribue à limiter l’appétit européen pour l’élargissement.

De leur côté, l’Albanie et la Bosnie-Herzégovine pourraient ne pas remplir tous les critères avant 2050, un signe, selon les auteurs, que les ambitions politiques de ces pays ne correspondent pas à la situation réelle.

Les citoyens des Balkans doutent de leur adhésion à l’UE

Malgré les déclarations rassurantes de Bruxelles, plus d’un quart des citoyens des Balkans ne croient plus à l’adhésion de leurs pays à l’UE,  selon l’étude 2017 du baromètre des Balkans.

La professeure Tina Freyburg soutient que son travail exclut totalement la dimension politique, c’est-à-dire le moratoire de la Commission européenne sur l’élargissement, l’instabilité en Turquie et l’incertitude politique dans les pays comme la Bosnie, ou le fait que les progrès de la Macédoine soient bloqués par la Grèce à cause d’un conflit toponymique vieux de 20 ans.

L’étude n’inclut pas le Kosovo et le Monténégro, car les données manquent pour faire une hypothèse valable sur les perspectives d’adhésion de ces deux pays.  Par ailleurs, cinq États membres n’ont pas encore reconnu le Kosovo, donc l’adhésion du pays reste un point épineux.

Toutefois, Tina Freyburg estime que le Monténégro, qui a obtenu son indépendance de la Serbie en 2006 seulement « possède les mêmes caractéristiques que la Macédoine, ce qui rend leur niveau de conformité au droit européen comparable ».

Les perspectives du Monténégro d’adhérer à l’UE sont souvent qualifiées par Bruxelles de très prometteuses. Même si certains facteurs comme le conflit frontalier avec le Kosovo font encore obstacle, ces derniers sont beaucoup moins nombreux que pour d’autres candidats.

L'élargissement a provoqué une fuite des cerveaux à l'Est

Au lieu de renforcer la coopération transfrontalière, l’élargissement de l’Union européenne aurait entraîné un exode de l’Est vers l’Ouest. Un article de notre partenaire, Euroefe.

Selon Tina Freyburg, « il est raisonnable de penser que le Monténégro pourrait être le prochain État membre », mais la volonté politique du gouvernement monténégrin et les vétos des autres États membres sont des critères qui échappent au contrôle de l’étude.

Les résultats déçoivent les attentes vis-à-vis de l’élargissement européen et pourraient même dépeindre un « tableau trop optimiste ». « Les niveaux de conformité au droit européen […] pourraient même être plus faibles qu’indiqué. »

L’étude souligne par ailleurs que l’élargissement est plus souvent dicté par les agissements et les progrès des pays candidats que par la politique « expansionniste » de Bruxelles. L’UE craint qu’un trop grand élargissement ne mette en péril « l’approfondissement des institutions européennes », mais l’étude rappelle qu’il s’agit là d’un obstacle non technique que les pays candidats peuvent surmonter.

« L’UE ne sera jamais complète sans les Balkans occidentaux»

Johannes Hahn, commissaire à l’élargissement, a salué les progrès réalisés par les pays des Balkans occidentaux en vue de leur adhésion et assuré que l’UE « ne serait jamais complète » sans eux.

Le dernier pays à être rentré dans l’UE est la Croatie, qui a officiellement rejoint le bloc en 2013. Le pays ne fait pas encore partie de l’espace Schengen ou de la zone euro, mais dans son discours sur l’état de l’Union, Jean-Claude Juncker appelait à l’adhésion de la Croatie à Schengen dès que le pays aura rempli tous les critères.

La semaine dernière, le Premier ministre Andrej Plenković a annoncé qu’il espérait que son pays rejoigne la zone euro dans les sept ou huit prochaines années.

Bulgarie et Roumanie n’étaient pas prêtes à rejoindre l’UE

La Cour des comptes européenne a dévoilé une page peu connue de l’Union européenne en révélant, le 12 septembre, s’être initialement opposée à l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie.