Le parlement grec met fin à un conflit de 27 ans avec la Macédoine

Zoran Zaev et Alexis Tsipras [Shutterstock]

Les dirigeants de l’Union européenne ont chaleureusement applaudi la ratification historique par le parlement grec de l’accord sur le changement de nom de la Macédoine. Il met fin à un conflit vieux de 27 ans dans les Balkans.

« Ils ont eu de l’imagination, ils ont pris des risques, ils étaient prêts à sacrifier leurs propres intérêts pour le bien commun. Zoran, Alexis, bien joué ! Mission impossible accomplie », a tweeté le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Une majorité de 153 députés grecs sur 300 sièges au total ont soutenu l’accord, qui devrait débloquer l’adhésion de la Macédoine du Nord à l’OTAN et aider le pays à ouvrir les négociations d’adhésion à l’UE. Plusieurs députés de centre-gauche ont soutenu le parti Syriza du Premier ministre, Alexis Tsipras.

L’UE reporte sa décision sur les négociations d’adhésion de Tirana et Skopje

Les pays de l’Union européenne ont décidé de reporter d’au moins un an leur décision sur un éventuel feu vert à des négociations d’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine à l’UE, la France et les Pays-Bas ayant réclamé au préalable de nouvelles réformes au sein de l’UE.

Dans un communiqué conjoint, le président de la Commission européenne, la cheffe de la diplomatie, Federica Mogherini, et le commissaire, Johannes Hahn, ont déclaré que la ratification de l’accord de Prespa était une « étape cruciale ».

« Nous sommes impatients de voir les prochaines étapes menant à la pleine mise en œuvre de l’accord se concrétiser, mais nous pouvons déjà dire avec certitude qu’aujourd’hui, Athènes et Skopje ont écrit une nouvelle page de notre avenir européen commun », ont-il affirmé.

Pour Alexis Tsipras, une nouvelle page a été écrite pour les Balkans. « la haine des nationalistes, les disputes et les conflits ont laissé la place à l’amitié, la paix et la coopération », s’est félicité le dirigeant de gauche.

Les groupes des sociaux-démocrates (S&D) et des Verts au Parlement européen ont publié des communiqués de soutien à l’accord entre Athènes et Skopje.

« Le reste des Balkans occidentaux devrait prendre le travail fourni par les gouvernements de la Grèce et de la Macédoine du nord comme modèle de coopération dans la région », a déclaré Philippe Lamberts, président du groupe Verts/ALE au Parlement européen.

« Nous pourrons enfin dire : bienvenue en République de Macédoine du Nord », s’est réjoui Udo Bullmann, président du groupe S&D. Pour lui, l’accord de Prespa est la preuve que les forces politiques progressistes sont « capables de résoudre des conflits de longue date et de faire des compromis difficiles que les conservateurs et nationalistes n’ont pas été capables de faire en près de trente ans. »

Athènes et Skopje s’accordent sur le nouveau nom de la Macédoine

Athènes et Skopje ont résolu un conflit de près de 30 ans sur le nom de la Macédoine, s’accordant sur « République de Macédoine du nord » et ouvrant ainsi la voie à l’adhésion du pays à l’UE et l’OTAN.

Le parti de Zoran Zaev, Premier ministre de Macédoine du Nord, fait partie de la famille socialiste européenne. Malgré ses liens étroits avec les socialistes, le parti d’Alexis Tsipras appartient officiellement à la gauche européenne.

Le parti socialiste en Grèce est le Mouvement socialiste panhellénique (PASOK), qui a voté contre l’accord de Prespa.

Dans son communiqué, Udo Bullmann a fait une critique voilée de ses collègues grecs à Athènes. « Je salue tous les parlementaires grecs qui ont voté pour le changement de nom de leur pays voisin, la Macédoine du Nord. Ils ont prouvé que l’avenir de leur pays et les relations de bon voisinage étaient plus importantes que les gains électoraux à court terme. »

Dans le même temps, Kyriakos Mitsotakis, chef de file du principal parti d’opposition, Nouvelle démocratie (centre-droit, affilié au Parti populaire européen) a déclaré qu’il s’efforcerait d’atténuer les conséquences négatives qui déboucheront forcément de cet « accord problématique ».

« Aujourd’hui est une triste et difficile journée pour la Grèce », a déclaré Kyriakos Mitsotakis, ajoutant que son pays ne perdrait jamais le droit de veto à l’adhésion de la Macédoine à l’UE.

À l’heure de la publication de cet article, le PPE n’a pas encore fait de déclarations.

Zizanie à la Commission européenne sur l'accord macédonien

Dans un volte-face inattendu, Dimitris Avramopoulos, le commissaire grec, s’oppose à l’accord historique entre Athènes et Skopje sur le changement de nom la Macédoine, dit accord de Prespa, qui doit être ratifié cette semaine au parlement grec.

 

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