Le discours sur l’état de l’Union laisse les alliés orientaux sur leur faim

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Souvent présenté comme l’une des politiques étrangères phares de l’UE, le partenariat oriental a à peine été mentionné dans le premier discours annuel de la présidente de la Commission européenne, malgré les attentes des alliés orientaux.

Bien qu’il ait largement été question de politique étrangère et des Balkans occidentaux dans le discours de 90 minutes sur l’état de l’Union prononcé par Ursula von der Leyen mercredi 16 septembre, le partenariat oriental n’a été mentionné qu’une seule fois. Quant aux projets de certains pays qui entendent un jour adhérer à l’Union, ils n’ont pas été évoqués.

La présidente de la Commission a insisté sur « l’histoire et la destinée communes » de l’UE et des Balkans occidentaux, en qualifiant l’ouverture des négociations d’élargissement avec la Macédoine du Nord et l’Albanie au printemps de « véritablement historique ».

« En vérité, l’avenir de toute la région réside dans l’UE », a déclaré Ursula von der Leyen.

« Les Balkans occidentaux font partie de l’Europe – ils ne sont pas seulement une escale sur la route de la soie. »

En comparaison, le partenariat oriental – qui réunit l’UE, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Belarus, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine – n’a été gratifié que des propos suivants : « Et nous serons également présents pour les pays du partenariat oriental et nos partenaires du voisinage méridional – afin de les aider à créer des emplois et à relancer leurs économies. »

L’Ukraine et la Géorgie et n’ont quant à eux été mentionnés que dans le contexte de l’agression russe.

Les diplomates de cette région ont déjà souligné que les objectifs futurs, présentés pour la première fois par la Commission au printemps, étaient pertinents sur le plan du contenu, mais que davantage de signaux politiques étaient nécessaires.

Les champions du Partenariat oriental attendent davantage de la « Commission géopolitique »

Alors que la Géorgie, l’Ukraine et la Moldavie demandent une politique de partenariat oriental plus ambitieuse, le débat se poursuit sur les prochaines étapes de ce qui est salué comme l’une des politiques étrangères les plus réussies de l’UE.

L’Ukraine et la Géorgie ont modifié leur Constitution pour y inclure des dispositions qui obligent les gouvernements successifs à rechercher l’intégration européenne.

« Les relations entre l’UE et la Géorgie sont à leur plus haut niveau historique en termes de profondeur et s’agissant de la portée de l’intégration européenne de la Géorgie », a souligné le gouvernement géorgien dans des commentaires envoyés par e-mail.

« Le temps est cependant venu pour l’UE de reconnaître que la Géorgie est un pays qui a le droit de faire partie de l’Union. Ce droit, la Géorgie l’a gagné par son histoire, par son engagement envers les valeurs démocratiques et par son dévouement à l’idée européenne. »

L’accord d’association entre l’UE et la Géorgie, qui constitue actuellement le fondement des relations du bloc avec le pays du Caucase du Sud, reconnaît déjà « les aspirations européennes et le choix européen de la Géorgie », mais la « perspective européenne » n’est pas mentionnée.

« Nous comprenons qu’un tel droit soit également conditionné par un certain nombre de critères démocratiques, économiques et juridiques mais, comme d’autres nations européennes avant nous, la Géorgie est prête à être mise à l’épreuve de son engagement à l’égard les valeurs de l’Europe et de sa capacité à concrétiser les aspirations européennes », a déclaré le gouvernement à EURACTIV.

Mentionner l’élargissement est devenu un tabou tacite à Bruxelles après la lassitude générale face à l’élargissement et à la franche opposition affichée par certains États membres.

Supporter

Ce partenaire soutient le travail d'EURACTIV sur Élargissement. Ce soutien permet à EURACTIV de consacrer des ressources éditoriales supplémentaires pour couvrir le sujet plus amplement et en profondeur. Le contenu éditorial d'EURACTIV ne reflète pas les opinions de ses partenaires.

Mission of Georgia to the European Union

Sur Twitter

Subscribe to our newsletters

Subscribe