La Roumanie utilise peu de fonds européens

Corina Crețu [European Commissioner]

La commissaire roumaine Corina Creţu souhaite que son pays profite pleinement des fonds européens qui lui sont proposé et que la Moldavie remplisse les critères d’adhésion du bloc afin de débloquer encore plus de financement.

La commissaire européen à la politique régionale, Corina Creţu, a une fois de plus reproché au gouvernement roumain de ne pas utiliser pleinement les fonds de l’UE, citant un projet routier en cours comme un exemple parfait.

L’autoroute Est-Ouest, également connue sous le nom de Târgu Mureș–Iași est destinée à relier les régions de Transylvanie et de Moldavie, cette dernière étant limitrophe de la Moldavie. Le coût de cette route de 318 km de long est estimé à plus de 4 milliards d’euros.

Corina Creţu a toutefois révélé lors d’une visite en Roumanie cette semaine que Bucarest n’avait pas encore soumis de demande de financement, ajoutant que depuis le début de son mandat en 2014, la Roumanie n’a soumis que quatre demandes de financement pour des projets d’infrastructure majeurs.

Aucun d’entre eux n’est lié de quelque manière que ce soit au pays voisin de la Roumanie, la Moldavie, qui espère toujours adhérer à l’UE et qui bénéficie d’un financement régional accordé dans le cadre de l’accord d’association de l’UE avec Chișinău.

La commissaire, qui s’est rendue en Moldavie cette semaine et a rencontré le Premier ministre Pavel Filip, a souligné que la modernisation de l’approvisionnement en eau et l’amélioration des systèmes énergétiques bénéficiaient déjà de l’aide de l’UE, et a ajouté qu’elle espérait que la Moldavie réponde aux critères d’adhésion de l’Union dès que possible.

« Nous voulons que la République de Moldavie remplisse le plus rapidement possible les critères d’adhésion, car l’instrument de financement qui accompagne le statut de membre associé n’est pas très important », a déclaré Corina Cretu.

Pavel Filip a confirmé lors d’une conférence de presse conjointe que son pays restait attaché à l’intégration européenne, tout en insistant sur le fait que les fonds européens pouvaient réellement aider les citoyens moldaves.

« L’UE nous donne la possibilité d’accéder à des fonds et, bien sûr, cela dépend de notre capacité à tirer parti de ces fonds », a-t-il déclaré, citant les systèmes d’assainissement et l’efficacité énergétique comme deux domaines cruciaux qui devraient avoir un impact sur plus de 200 000 citoyens.

Un récent sondage a montré que 60 % des Moldaves voteraient pour adhérer à l’UE, bien que le pays, qui est classé comme le plus pauvre d’Europe, reste loin derrière les autres nations et que les négociations d’adhésion restent une perspective lointaine.

La Moldavie se prépare à des élections cruciales

Coincée entre les influences russes et européennes qui divisent jusqu’au sommet de l’Etat, la Moldavie se prépare à des élections cruciales après une modification controversée de la loi électorale.

Union avec la Roumanie

Au début du mois, Pavel Filip a déclaré aux médias britanniques à Bruxelles que le gouvernement moldave n’avait pas l’intention de poursuivre la réunification avec la Roumanie, malgré une hausse des revendications à ce sujet. Le Premier ministre a insisté pour que la nation d’Europe de l’Est reste souveraine.

Selon un récent sondage, le soutien à la réunification se situe autour de 30 % et, bien que des milliers de personnes aient manifesté en faveur de l’unification dans la capitale en avril, une majorité soutient toujours une Moldavie indépendante.

La Moldavie, anciennement Bessarabie, est indépendante depuis 1991 et les relations avec l’UE sont actuellement régies par un accord d’association. Le président, Igor Dodon, n’est pas d’accord avec la position de Pavel Filip et préfèrerait quant à lui resserrer les liens du pays avec Moscou.

Ecartelée entre Russie et Europe, la Moldavie cherche une troisième voie

Le gouvernement moldave souhaite transformer le pays en une plateforme de coopération. Le ministre des Affaires étrangères, Andrei Galbur, ne veut pas que le pays soit divisé entre pro-Européens et pro-Russes, malgré des fractures idéologiques qui restent assez fortes. Un article d’Euractiv Slovaquie.

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