Serbie et Kosovo trouvent un terrain d’entente sur les élections locales

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Les premiers ministres des deux pays se sont réunis à Bruxelles pour résoudre l’impasse des élections locales. Pristina avait en effet interdit aux représentants serbes de se rendre au Kosovo à cette occasion.  Un article d’EURACTIV Serbie.

Le premier ministre serbe, Ivica Da?i?, a annoncé que l'accord conclu sous l'égide de l'Union européenne entre les deux pays autorisait tous les représentants serbes à se rendre au Kosovo, avant et pendant les élections municipales du 3 novembre prochain (voir « Contexte »).

Il a fait cette déclaration le soir du 7 octobre à Bruxelles à la suite d'une réunion avec son homologue kosovar, Hashim Thaci, et Catherine Ashton, la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères.

Hashim Thaci a indiqué à l’issue de la réunion à Bruxelles que la liberté de circulation serait appliquée « sans discrimination ».

Il a expliqué à la presse que les autorités du Kosovo répondraient à chaque demande des représentants serbes, si elle était soumise aux institutions compétentes et conformes à la loi.

Lors d'un rassemblement électoral ultérieur à Glogovac, il a pourtant annoncé que le gouvernement kosovar n'autoriserait pas de déplacements à des fins électorales.

Le quotidien kosovar Koha Ditore a récemment repris les propos de l'ambassadeur allemand auprès du Kosovo, Peter Blomeyer :

« En principe, je pense que c'est une bonne chose que les responsables politiques serbes se rendent au Kosovo pour inciter les citoyens serbes à voter aux élections. Ils devraient toutefois s’abstenir de participer à la campagne électorale. »

Les représentants serbes pourraient inciter les citoyens à se rendre aux urnes lors de leur déplacement au Kosovo, mais non soutenir un parti en particulier, selon le journal Tribuna.

Selon des sources diplomatiques européennes, Catherine Ashton a invité les dirigeants serbe et kosovar pour résoudre l’impasse associée à l'interdiction de déplacement des représentants serbes au Kosovo pendant la campagne électorale. Elle souhaite également éviter des retards dans la préparation des élections et garantir le taux de participation le plus élevé possible parmi les Serbes kosovars.

Une attaque contre Belgrade

Le gouvernement du Kosovo avait tout d'abord rejeté le 2 octobre la demande de visite du premier ministre serbe sur son territoire, évoquant une éventuelle interférence avec les élections locales.

M. Da?i? avait l'intention de rendre visite le 4 octobre aux habitants de la commune majoritairement serbe de Strpce. Un jour après le début officiel de la campagne des élections communales au Kosovo. Cela aurait été la deuxième fois qu'un premier ministre serbe se rend au Kosovo depuis la guerre en 1999.

À la suite de l'interdiction du gouvernement kosovar, Ivica Da?i? a prévenu Bruxelles qu'il ne participerait plus aux négociations si Pristina n’autorisait pas les représentants serbes à se rendre au Kosovo jusqu’à l’issue de la campagne électorale.

« Si nous […] ne pouvons pas aller au Kosovo et demander aux Serbes de participer aux élections locales, l'objectif de ma participation dans le dialogue est compromise », a souligné le premier ministre serbe, en faisant référence aux représentants du gouvernement qui soutiennent la mise en œuvre de l’accord de Bruxelles et y travaillent.

Selon lui, la décision du Kosovo entache également la crédibilité de la médiation de Bruxelles.

Le problème des listes électorales

Les deux premiers ministres ont également abordé la différence entre les listes électorales de Belgrade et de Pristina.

Selon Ivica Da?i?, la Commission électorale centrale du Kosovo n’a autorisé que 17 % des électeurs potentiels, réfugiés et déplacés, à participer aux élections.

Près de 39 000 Serbes ont voulu s'inscrire comme électeurs, mais la commission centrale n’a accepté que 6 000 demandes.

À Bruxelles, Ivica Da?i? a annoncé l’inscription de 12 000 Serbes kosovars supplémentaires dans les quatre communes au nord du Kosovo. En échange, un plus grand nombre de personnes déplacées et de réfugiés provenant du Kosovo, qui vivent actuellement en Serbie, pourront s'inscrire sur la base de nouveaux documents.

Davantage de Serbes devraient être en mesure de réclamer leur droit de vote au Kosovo à la suite de plaintes déposées auprès du commissaire serbe aux réfugiés, ajoute le premier ministre serbe.

Il espère également que les accords conclus à Bruxelles seront mis en place d'ici la fin de la semaine.

La progression de la demande d'adhésion de la Serbie à l'UE dépend de la normalisation des relations et de l'exécution de l'accord du 19 avril. Ce dossier fera l'objet d'un volet séparé dans les négociations préalables à l'adhésion.

La négociatrice en chef de la Serbie avec l'UE, Tanja Miš?evi?, indique qu'il est normal que des problèmes se posent de temps en temps lors de la mise en place de l'accord de Bruxelles.

Elle explique à la Société serbe de radiodiffusion (RTS) qu'elle ne peut pas prédire la durée du processus, mais que la normalisation des relations avec Pristina était une condition préalable de l'adhésion de la Serbie à l'UE.

Contexte

Le Kosovo organisera des élections locales le 3 novembre.

Ces élections aboutiront à la nomination des représentants et des organes de l'Association des municipalités serbes. La création de cette association découle d'un accord entre les premiers ministres serbe et kosovar conclu à Bruxelles le 19 avril 2013 sous l'égide de l'UE.

Quelque 103 partis, associations ou initiatives se présentent aux élections. Les communautés albanaise et serbe en comptent respectivement 50 et 31. Les autres candidats sont des communautés minoritaires.

Quelque 224 candidats se présentent au poste de maire au Kosovo et 7 740  à un siège dans une assemblée municipale.

Selon le profil migratoire de la Serbie, près de 209 800 déplacés kosovars vivaient en Serbie en 2011. La plupart d'entre eux sont arrivés à la suite de l'intervention et du bombardement de l'OTAN en République fédérale de Yougoslavie en 1999.

Prochaines étapes

  • 9 oct. : le premier ministre serbe, Ivica Da?i?, et le ministre serbe des affaires kosovares, Aleksandar Vulin, devraient se rendre au Kosovo
  • 16 oct. : la Commission européenne devrait publier un rapport de suivi sur tous les pays candidats à l'adhésion à l'UE, dont la Serbie et le Kosovo

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