Alors que le Kosovo a confirmé sa récente indépendance par l’adoption d’une nouvelle constitution au Parlement, un nouveau sondage révèle qu’une grande majorité des citoyens serbes s’oppose à ce que la reconnaissance du Kosovo par leur pays soit une condition à la candidature à l’UE.
Une grande majorité des Serbes souhaite toujours que leur pays rejoigne l’UE (63,9%), même si les chiffres ont chuté comparé au mois d’octobre dernier, quand 71,5% de la population exprimé son soutien à l’adhésion à l’UE, comme le révèle le sondage publié hier, 9 avril.
Cependant, 71,3% des citoyens serbes pensent qu’il est inacceptable que la candidature à l’UE soit conditionnée par la reconnaissance de la séparation de l’ancienne province du Kosovo par la Serbie.
La publication du sondage a eu lieu un jour après que le responsable chargé de la politique extérieure de l’UE, Javier Solana, a appelé les Etats membres à autoriser Belgrade à signer un accord de rapprochement avec l’UE avant les élections serbes du 11 mai, une initiative considérée comme une tentative pour réunir un soutien en faveur des forces proeuropéennes en prévision du vote.
Les responsables politiques serbes influents ont critiqué cette offre, estimant qu’il s’agit d’une tentative visant à interférer avec les affaires intérieures de la Serbie. Le 9 avril, le président serbe Boris Tadic a déclaré que tout soutien de l’UE en faveur de la Serbie est le bienvenu, mais il a ajouté qu’il n’approuvera jamais aucune interférence dans les affaires intérieures du pays.
Le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, estime qu’il serait intéressant de voir si l’UE poursuivra le processus de stabilisation et d’association maintenant que le Kosovo est un Etat indépendant.
Il a expliqué que si l’UE adopte cette approche, cela impliquerait automatiquement que l’UE était en violation de l’Article 135 de l’accord de stabilisation et d’association signé avec la Serbie, dans lequel la position du Kosovo est clairement définie.
M. Samardzic s’est également opposé à la nouvelle constitution du Kosovo, adoptée à l’unanimité par l’assemblée kosovare le 9 avril, affirmant que le texte est totalement illégal et illégitime du point de vue de la Serbie, des Serbes vivant au Kosovo et du droit international.
Parallèlement la France continue de faire pression sur le gouvernement serbe pour qu’il accepte la déclaration d’indépendance du Kosovo et se concentre sur le renforcement de l’intégration européenne de Belgrade, comme l’a confié le ministre français des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, au journal Vecernji List hier, 9 avril.
D’après lui, l’existence d’un Kosovo indépendant est maintenant une réalité. Il a ajouté qu’il comprenait que cela impliquerait des difficultés pour certains, notamment la Serbie, mais les a appelé à faire face à la réalité et à se tourner vers l’avenir, qui reste, sans aucun doute, au sein de l’Europe, a-t-il déclaré.
M. Jouyet a affirmé que l’Union européenne était déterminée à faire en sorte que la reconnaissance du Kosovo soit un facteur de stabilité dans la région.
La France compte parmi les premiers pays à avoir reconnu la séparation du Kosovo de la Serbie, après la proclamation unilatérale d’indépendance du pays le 17 février dernier (EURACTIV 18/02/08).

