Štefan Füle : l’ouverture des négociations avec la Serbie dépend uniquement de ses efforts

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Le commissaire à l’élargissement, Štefan Füle, a déclaré que la date d’ouverture des négociations pour l’adhésion de la Serbie à l’UE dépendait du pays qui doit encore atteindre les critères établis par le Conseil européen. Un reportage de BETA, l’agence partenaire d’EURACTIV en Serbie.

M. Füle a tenu ces propos hier (30 août), en réponse à une question sur le rapporteur du Parlement européen sur la Serbie, Jelko Kacin ( ADLE, Slovénie), qui avait affirmé que Belgrade ne pourrait obtenir de date pour l'ouverture des négociations avant le milieu de l'année prochaine.

Le commissaire s'est exprimé à l'issue d'une réunion à Bruxelles avec Suzana Grubješi?, la ministre serbe chargée de l'intégration européenne.

Le 27 août dernier, M. Kacin a déclaré dans la ville serbe de Novi Sad que le pays n'obtiendrait pas de date précise pour l'ouverture des négociations d'adhésion avec l'UE avant la fin de l'année, en soulignant qu'avant ces négociations, la Serbie devrait encore afficher des résultats en matière de lutte contre le crime organisé et la corruption et en faveur de l'État de droit.

Mme Grubješi? a quant à elle promis que la Serbie ferait tout ce qui est en son pouvoir pour programmer ces négociations dès que possible. Elle a rappelé que M. Füle avait déclaré que la Commission européenne s'était engagée à aider la Serbie en dispensant « conseils et assistance par le biais d'une collaboration étroite ».

La question du Kosovo

La condition clé pour qu'une date soit fixée reste l'amélioration concrète et continue des relations du pays avec le Kosovo ainsi que la mise en oeuvre des accords conclus avec Pristina conformément « à l'esprit et à la lettre » de ces accords, a-t-il expliqué. « Cela nous permettra d'avancer. » Les conclusions du Conseil du 28 février établissent également que la Serbie doit respecter le droit des minorités sur son territoire.

M. Füle a ajouté qu'il rencontrerait le premier ministre, Ivica Da?i?, à Bruxelles la semaine prochaine, aux côtés de la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères, Catherine Ashton. Cette réunion devrait porter sur les modalités de reprise du dialogue entre Belgrade et Pristina.

M. Füle a également prévenu la Serbie qu'elle ne pouvait s'attendre à progresser vers l'adhésion à l'UE si elle ne suspendait pas sa nouvelle loi entravant l'indépendance de la banque centrale du pays.

« L'un des points que nous avons abordés aujourd'hui concerne certains éléments de l'amendement à la loi régissant la banque centrale, qui limite l'indépendance de la banque centrale et va donc à l'encontre de l'acquis européen », a affirmé le commissaire.

La semaine dernière, le Fonds monétaire international a indiqué qu'il ne négocierait pas de nouvel accord de prêt avec le pays, inquiet de voir le gouvernement entraver l'indépendance de la banque nationale.

M. Füle a précisé que sa réunion avec Mme Grubješi? avait porté sur les problèmes économiques et financiers de la Serbie. Il a ajouté que la Commission avait déjà alloué des fonds du programme d'aide de l'UE pour les pays visant la candidature officielle à l'adhésion à l'UE et un soutien financier au gouvernement de Belgrade pour l'aider à surmonter ses difficultés financières.

L'ancien ultranationaliste Tomislav Nikoli? a été élu président du pays le 20 mai 2012, face au président pro-européen au pouvoir, Boris Tadi?.

M. Nikoli? a adopté une position pro-européenne depuis 2008, lorsque son parti a décidé de se séparer du Parti radical serbe nationaliste. Ses aspirations européennes restent toutefois à prouver. Le dirigeant historique des radicaux, Vojislav Šešelj, est actuellement poursuivi en justice à La Haye pour crime de guerre.

Pour sa première visite à l'étranger, M. Nikoli? s'est rendu en Russie. Il a également prononcé des propos controversés interprétés comme un déni du génocide de Srebrenica.

Le dirigeant socialiste, Ivica Da?i?, a quant à lui été nommé premier ministre le 27 juillet dernier. Il fut le porte-parole de l'ancien homme fort du pays Slobodan Miloševi?, mais affirme que l'Occident ne devrait pas remettre en cause sa position pro-européenne.

 

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