Un texte relatif à l’élargissement, adopté le 10 décembre par les ministres européens des Affaires étrangères, a provoqué un « sérieux mécontentement » à Ankara, suite à l’abandon de l’expression « conférence d’adhésion », à la demande de la France.
Même si le document confirme l’objectif de pleine appartenance de la Turquie à l’UE, le fait que le mot « adhésion » ait été supprimé par rapport au texte de l’année dernière provoque « un sérieux mécontentement », a déclaré le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères à Ankara le 10 décembre.
Les conclusions des ministres européens des Affaires étrangères parlent de « conférences intergouvernementales », au lieu de « conférences d’adhésion » avec la Turquie et la Croatie, prévues à la fin du mois. Cette formulation introduite à la demande de la France a provoqué une dispute entre les délégations française et suédoise lors de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères, lundi.
Le président français Nicolas Sarkozy ne cache pas son opposition à l’adhésion de la Turquie à l’UE, déclarant que « la Turquie n’a pas sa place dans l’Europe ». En juin, la France est parvenue à bloquer les négociations avec la Turquie dans le domaine de l’intégration économique et monétaire.
Les milieux d’affaires et les think tanks turcs ont été outrés par ce changement de terme. La TUSIAD, l’association des industriels et des entrepreneurs de Turquie, a déclaré que de telles tentatives pour détériorer le processus d’adhésion à l’UE sont le résultat d’une attitude hostile vis-à-vis de la population turque et sont contraires aux valeurs et aux idéaux européens. Le think tank TRPlus estime que ce changement d’approche peut nuire sévèrement à la confiance des entreprises et des citoyens turcs dans l’UE. La Fondation pour le développement économique turc (IKV) ajoute que cela affaiblirera inévitablement la crédibilité de l’Europe.
Dans ses conclusions, le Conseil regrette le peu de progrès accomplis en matière de réforme politique en Turquie en 2007, mais salue l’engagement renouvelé du gouvernement turc à mener à bien les réformes, après avoir surmonté sa crise politique interne. Les principales lacunes résident dans les domaines de la justice, de la lutte contre la corruption, des droits des minorités et du renforcement des droits culturels, des droits des femmes et des enfants, des droits des syndicats et du contrôle civil de l’armée.
De plus, les ministres européens des Affaires étrangères ont appelé la Turquie à s’engager sans équivoque dans des relations de bon voisinage avec Chypre. En effet, les négociations d’adhésion avec la Turquie sont partiellement suspendues depuis l’année dernière, en raison du refus turc d’ouvrir ses ports et aéroports aux bateaux et avions en provenance de Chypre. Cela a provoqué une interruption des négociations débutées en octobre 2005 sur 8 des 35 chapitres.

