Dans le rapport régulier sur les progrès accomplis qui sera publié la semaine prochaine, le 6 novembre, l’UE devrait presser la Turquie à intensifier les réformes, mais adopte cependant un ton moins dur que l’année dernière.
Dans son rapport régulier sur les progrès accomplis par la Turquie, la Commission devrait presser la Turquie à donner une nouvelle impulsion aux réformes politiques.
Dans un entretien à EURACTIV, le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn a exprimé clairement ce qu’il attend des autorités turques : « le nouveau gouvernement a fait du processus d’adhésion à l’UE et des réformes constitutionnelles l’une de ses priorités, dans la perspective d’améliorer la démocratie et d’étendre les libertés fondamentales. Il faut maintenant relancer les réformes complètement et sans attendre ».
La Commission abordera l’absence de progrès dans le domaine des droits de l’homme, notamment la liberté d’expression et les libertés religieuses. Cela concerne particulièrement l’article 301 du code pénal turc qui pénalise « l’humiliation de l’identité turque » et a entraîné le procès d’un certain nombre d’écrivains et de journalistes.
Olli Rehn a déclaré que « la liberté d’expression est la principale priorité, car elle est à la base d’une société ouverte, démocratique et sûre d’elle. Cela implique que l’article 301 doit être abrogé ou annulé ».
Il ajoute que le débat en cours depuis plusieurs mois sur les réformes constitutionnelles de la Turquie ne doit pas empêcher le gouvernement d’avancer sur certaines questions urgentes, comme la liberté d’expression et les libertés religieuses. Pour le commissaire, « les progrès sur les libertés fondamentales et les obligations internationales ne sont pas incompatibles ; les deux sont prioritaires ».
En outre, l’UE souhaite que l’influence de l’armée sur la politique turque soit réduite. Un autre point de friction est la question irrésolue de Chypre. L’année dernière, l’UE a décidé de suspendre les négociations d’adhésion dans 8 des 35 domaines de négociations, en raison du refus de la Turquie d’ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions en provenance de Chypre, Etat membre de l’UE.
M. Rehn a clairement déclaré que l’UE serait inflexible sur ce point. « La Turquie a des obligations connues relatives à la mise en œuvre du protocole d’Ankara. Nous encourageons vivement la Turquie à respecter ses obligations et le plus tôt sera le mieux ».
Depuis décembre dernier, quatre chapitres de négociations ont été ouverts. Il s’agit de la politique industrielle et d’entreprise, des statistiques, du contrôle financier et de l’énergie. Sous la direction de Nicolas Sarkozy, détracteur déclaré de l’adhésion de la Turquie, la France a bloqué l’ouverture du chapitre sur l’union économique et monétaire.
Mustafa Oguz Demiralp, secrétaire général turc aux affaires européennes, a souligné que les déclarations de certains dirigeants de l’UE pendant le processus de négociation affectaient négativement le processus d’adhésion, suscitant méfiance et pessimisme de la part de la Turquie envers l’UE.
Cependant, le rapport de cette année adoptera certainement un ton plus doux par rapport à l’année dernière. L’UE est particulièrement satisfaite de la stabilisation continue de la croissance économique et de la gestion de la Turquie de la crise politique majeure survenue au début de l’année.
Dans une résolution du 3 octobre, les législateurs de l’UE ont salué l’élection du nouveau président comme signe de solidité de la démocratie turque, ainsi que l’engagement du nouveau gouvernement à accélérer le processus de réforme.

